L’avant-match Stade Toulousain – MHR : tout sauf un remake de la dernière finale du Top 14

L’avant-match Stade Toulousain – MHR : tout sauf un remake de la dernière finale du Top 14

Le MHR affronte le Stade Toulousain ce dimanche pour la 4e journée de Top 14, trois mois après la finale perdue contre les Rouge et Noir. L’entraîneur Joan Caudullo effectue un large turnover, ne conservant que deux titulaires de juin, pour ménager ses cadres. L’objectif : éviter une déroute à Ernest-Wallon et créer le bras de fer.

Quel est le point commun entre la dernière finale du Top 14 et ce match de clôture de la 4e journée ? À part l’affiche, pas grand-chose. L’enjeu, le contexte et l’intérêt n’ont rien à voir avec la soirée du 27 juin dernier, terminée par celui qui gagne toujours à la fin du film, le Stade Toulousain. Un chiffre qui image ce constat, du côté de Montpellier, seuls deux joueurs titulaires lors de la finale démarreront contre les Rouge et Noir dimanche soir (Arthur Vincent et Ali Price).

De là à dire que le MHR fait tourner à Ernest-Wallon ? C’est un peu plus complexe que ça. Déjà, "faire tourner" est une expression qui n’existe pas dans le vocabulaire du staff héraulais (comme dans beaucoup d’autres encadrements). Elle l’agace, même. Non, on dit plutôt "on met l’équipe la plus compétitive du moment". Ce qui veut tout et rien dire. Mais dans ce cas-là, c’est pour expliquer que ce déplacement à Toulouse arrive après trois matches à 37 minutes de temps de jeu effectif, que certains corps ont déjà morflé et doivent récupérer (Bécognée, Vunipola, Banks, Duguid, Verhaeghe), et que ce déplacement sans pression chez les quadruples champions de France tombe à pic pour relancer ou tester des joueurs tout en laissant des cadres souffler.

Bon, si on est tout à fait honnête, le quinze de départ aligné par Joan Caudullo a quand même fière allure. Mais ce genre de méthode, celle de procéder à un large turnover pour une telle affiche pour le prime time du dimanche soir, a tendance à crisper le diffuseur. Canal + et Yannick Bru, manager de Bordeaux-Bègles, s’étaient gentiment chambrés par médias interposés à ce sujet la saison dernière. Mais il y a quinze jours, Bru avait aligné sa meilleure équipe à Ernest-Wallon, jouant le jeu à fond. À l’arrivée, les Girondins en avaient pris cinquante (48-12). Donc, à quoi bon…

"Si les Toulousains sont à 100 % individuellement et collectivement, ils sont injouables"

Malgré une revue d’effectif et une totale exclusion du mot "revanche" dans les discours, les Montpelliérains veulent s’éviter à tout prix une déroute. "On sait qu’on peut rentrer les valises pleines", soulignait d’ailleurs le capitaine, ce soir, Yacouba Camara. Donc pour s’éviter le refrain "Toulouse" de Claude Nougaro, diffusée dans le stade à chaque fois que les Toulousains marquent un essai, les vice-champions de France veulent appliquer une chose : leur jeu.

"On veut faire ce qu’on sait faire, c’est-à-dire mettre la pression sur l’adversaire. Si les Toulousains sont à 100 % individuellement et collectivement, ils sont injouables. Mais si on arrive à leur mettre assez de pression pour qu’ils ne soient pas à 100 % de leurs moyens, il peut y avoir des opportunités", analysait Caudullo. Le défi est lancé.