Ebola en RDC: 8300 cas recensés, la riposte entravée par des conflits armés
Publié2. octobre 2026, 19:37
SantéL’épidémie d’Ebola en RDC franchit le cap des 4000 morts
La République démocratique du Congo fait face à la pire épidémie de maladie Ebola qu'elle ait connue. Mais la riposte est entravée par des violences entre groupes armés.

L’épidémie d’Ebola a fait plus de 4000 morts, sur plus de 8000 cas confirmés, en République démocratique du Congo (RDC). Le pays fait face à la 17e flambée de son histoire, devenue en quelques mois la plus meurtrière qu'il ait jamais connue, sur fond de violences qui entravent la riposte.
À ce jour, 8300 cas, dont 4018 décès et 2162 guérisons, ont été recensés depuis le début de l’épidémie, pour un taux de létalité de 48,4%, selon les dernières données des autorités congolaises.
Six cas d'Ebola, dont quatre décès, ont également été recensés dans la province du Nord-Kivu (nord-est) dans des zones sous contrôle du groupe antigouvernemental M23, a annoncé ce groupe soutenu par Kigali dans un communiqué publié vendredi.
Partie de l’Ituri (nord-est), la flambée actuelle s’est depuis étendue à sept provinces du nord et de l’est de ce vaste pays d’Afrique centrale. La riposte manque de moyens et se heurte à la présence de groupes armés et à la défiance d’une partie des populations locales dans certaines de ces provinces, parmi les plus troublées du pays.
Vaccins et traitements à l'essai
Plusieurs vaccins et traitements sont à l’étude contre la souche Bundibugyo du virus Ebola, à l’origine de la flambée actuelle. Des premières doses du vaccin Ervebo, dont l’efficacité est prouvée sur la souche Zaïre du virus à maladie Ebola, la plus fréquemment rencontrée par le passé, ont été administrées ces dernières semaines en RDC à des volontaires parmi les personnels de première ligne, dans le cadre d’un essai clinique.
Affrontements armés
Ces derniers jours, de «violents affrontements armés» ont entravé les opérations de riposte dans l’Ituri, dans des zones affectées par un conflit communautaire opposant des milices locales, et plus de 5000 personnes ont été déplacées, selon l’ONU. Un centre de transit pour les malades d’Ebola a également brûlé mardi soir dans la même province, après que des militaires ont pénétré dans un site de déplacés et provoqué la fuite de ses occupants.
Un prestataire chargé de la détection des cas a aussi été tué lors d’une attaque armée dans un point de contrôle sanitaire dans la province du Nord-Kivu, avaient indiqué les autorités congolaises mercredi.
Un membre de MSF testé positif
Les professionnels de santé sont particulièrement exposés à la transmission du virus, qui circule dans des régions pauvres et reculées, où les infrastructures de santé sont défaillantes. Un membre du personnel de Médecins sans frontières (MSF) a été évacué vers les Pays-Bas après avoir été testé positif à Ebola en RDC.
L’Organisation mondiale de la santé a relevé mi-septembre des signes «encourageants» dans l’évolution de la lutte contre l’épidémie, mais le directeur général de l’agence de santé de l’Union africaine (Africa CDC) a estimé dans la foulée que l’épidémie n’est «pas sous contrôle». L’épidémie ne recule pas mais «se déplace», avait également alerté MSF.

L’Agence France‑Presse (AFP) est une agence mondiale d’information. C'est l'une des sources d’information internationale que 20 minutes utilise.
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