'L’Espagne a sauvé le football', 'Football 1, criminels 0' : la presse mondiale encense la Roja et étrille l’Argentine - RTBF Actus
"Les nouveaux rois", titre le quotidien sportif français l’Equipe, qui s’enthousiasme pour la désormais "plus grande sélection du XXIe siècle", avec ses trois Euro (2008, 2012, 2024) et ses deux Coupes du monde (2010 et 2026).
Dominatrice tout le match – toute la compétition en fait -, la Roja aura cette fois été contenue jusqu’à la seconde prolongation par une Albiceleste quasiment inoffensive, auteure de son premier tir à la… 117e minute.
Rugueuse jusqu’à dépasser les limites, en témoigne l’exclusion pour un deuxième jaune d’Enzo Fernandez (90e+ 3), la bande à Messi, déjà loin de n’avoir que des adeptes, n’a décidément pas redoré son image, avec en prime de vilaines échauffourées après le coup de sifflet final.
"Lors d’une après-midi new-yorkaise comme un ver au milieu de la Grosse Pomme, l’Argentine a payé, enfin, pour avoir essayé de transformer un match de football en bagarre de rue", tacle le tabloïd britannique The Sun, qui se satisfait de ce dénouement en "conte de fées".
La presse anglaise reprenait globalement ce ton caustique : "tactiques cyniques" pour The Guardian, quand The Daily Mail charge des Argentins qui "ont perdu la tête" à la fin de la rencontre, au premier rang desquels Leandro Paredes, affiché en grand en train de pousser un adversaire au niveau de la gorge.
"Football 1, Criminels 0. Il aura fallu des prolongations pour y arriver mais, Dieu merci, on y est arrivé. Le sport l’a emporté […] Toute autre chose aurait été ressentie comme un crime", gronde The Telegraph.
"La destructivité de l’Argentine est punie", "Messi est privé d’une sortie triomphale", abonde le quotidien suisse germanophone Tages-Anzeiger.
A la maison, les termes sont plus mesurés pour féliciter les vainqueurs, mais on voit aussi une justice dans ce résultat.
"L’Espagne n’a pas seulement gagné une finale. Elle a protégé une manière de jouer. Elle a sauvé le football", assure le quotidien sportif madrilène Marca.
"Fin du rêve, l’Argentine a résisté jusqu’où elle a pu", titre La Nacion, au pays des finalistes malheureux, avec comme photo principale les larmes de Lionel Messi, qui à 39 ans pourrait avoir vécu son ultime match en sélection.
Pagina 12, plus sévère, pointe "un très mauvais match" de l’Albiceleste, "où elle n’a tenu le coup que grâce aux arrêts de Dibu Martínez" face à une Espagne "championne à juste titre".
En Italie, la Gazzetta Dello Sport met l’accent sur la domination totale de la Roja : "20 tirs à deux […] ce chiffre illustre l’une des victoires les plus méritées des finales de Coupe du monde".
"Sur le plan footballistique, la finale a largement déçu", résume le journal allemand Bild, qui rappelle que les Argentins n’ont pas cadré un seul tir.
"Le spectacle extravagant qui entoure la finale suscite presque plus de discussions que le match lui-même", ajoute le quotidien, alors que pour la première fois, la mi-temps de l’événement sportif le plus regardé de la planète a donné lieu à un "show" sur le modèle de la NFL.
Entre les pauses fraîcheurs devenues des pauses pubs et l’omniprésence du président Donald Trump, qui s’est même attardé sur le podium alors que les Espagnols soulevaient leur trophée - qu’il leur avait d’ailleurs apporté avec son ami et patron de la Fifa Gianni Infantino -, ce Mondial aura décidément été celui de la démesure.
Et pourtant conclu par "probablement la pire finale de Coupe du monde de mémoire d’homme", des mots d’ESPN, la référence du sport aux Etats-Unis…