L’essor de l’IA produirait assez de déchets électroniques pour faire 6 fois le tour de la Terre
Le BAN suppose que les propriétaires remplacent leurs GPU et leurs autres accélérateurs tous les deux à trois ans, contre cinq à sept ans pour les serveurs classiques. Il part aussi du principe qu'ils changent l'intégralité de leurs serveurs à chaque génération de GPU Nvidia. L'organisation trouve cette hypothèse plausible, car les constructeurs des hyperscalers livrent en général des systèmes complets et préconfigurés. Pour le réseau, la durée retenue est de trois à quatre ans. Elle est de cinq ans pour l'alimentation de secours et le refroidissement, et de huit ans pour la distribution électrique.
Toutefois, Google et Microsoft ont publié des travaux selon lesquels leurs serveurs pourraient durer cinq à six ans, reconnaît le BAN. Un marché de l'occasion pourrait aussi prolonger l'usage de certains équipements, dans les pays en développement et les centres de données de moindre niveau. En revanche, les États qui exigent le stockage local des données obligent les entreprises à dupliquer leurs infrastructures, et tout site converti au refroidissement liquide doit changer ses serveurs, ajoute l'organisation.
Ni les géants du cloud, ni les autorités publiques, nationales ou internationales, n'ont publié de plan de gestion de ces déchets à l'échelle prévue. Les infrastructures actuelles ne suffisent d'ailleurs pas à traiter en toute sécurité les volumes d'aujourd'hui, précise le BAN. « Si les entreprises et les gouvernements ne commencent pas à se préparer à ce nouveau tsunami de déchets, le développement actuel de l'IA pourrait engendrer une crise des déchets toxiques encore plus catastrophique que celle que nous connaissons déjà », a averti Jim Puckett, fondateur et directeur de la stratégie du BAN, cité par The Register.
Ce rapport est le premier d'une série de quatre. Le deuxième volet examinera comment le réemploi et la remise à neuf pourraient réduire les volumes, alors que le troisième abordera la toxicité potentielle de ces déchets, notamment la contamination par les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS). Un quatrième étudiera les moyens d'atténuer ces risques.