La Chine dévoile son plan pour un char nucléaire à canon électromagnétique
Publié le 19 septembre 2026 à 18:25 par Christian D.
Loin des fantasmes de jeux vidéo, des chercheurs militaires chinois ont posé sur le papier un concept qui prépare les nouvelles règles de la guerre blindée. Un monstre d'acier propulsé par l'atome et capable de frappes chirurgicales à des centaines de kilomètres.
Un article publié en juin dans la revue scientifique chinoise Acta Armamentarii ouvre des perspectives pour la guerre du futur. Rédigé par des chercheurs de l'Inner Mongolia First Machinery Group, un pilier de l'industrie des blindés chinois, et de l'Institut de Technologie de Pékin, le document dessine les contours d'un char de combat aux capacités vertigineuses.
Le projet, financé par un laboratoire national, vise à fusionner deux technologies de rupture : un réacteur nucléaire compact et un canon électromagnétique longue portée.
Le plan de développement se décline en trois étapes, commençant par des versions hybrides-diesel dès 2035, avant d'intégrer la propulsion nucléaire à l'horizon 2045. Simple concept ou vrai projet de long terme ?
Quelles sont les caractéristiques de ce char nucléaire chinois ?
Le concept final de ce char d'assaut repose sur une combinaison de technologies de pointe. Il s'agit d'un véhicule blindé de 60 tonnes, propulsé par un petit réacteur modulaire (SMR) de classe 10 mégawatts et équipé d'une arme principale dévastatrice : un canon électromagnétique de 50 mégajoules (MJ).
Ce système, abandonnant la chimie des poudres traditionnelles, utilise une force de Lorentz colossale pour propulser des projectiles à des vitesses hypersoniques, flirtant avec les 3,5 km/s, soit plus de Mach 10. Une telle vélocité lui conférerait une portée théorique de 450 kilomètres.
Illustration générée par IA
À cette vitesse, l'impact cinétique seul suffit. Un simple projectile en tungstène, sans aucune charge explosive, libère une énergie telle que le blindage le plus sophistiqué se vaporise littéralement.
Pour alimenter ce monstre, les ingénieurs imaginent un réacteur à neutrons rapides refroidi au plomb-bismuth, un design compact qui devrait tenir dans un volume de seulement deux mètres cubes, avec un bouclier anti-radiations ne dépassant pas trois tonnes.
L'autonomie serait ainsi quasi infinie, avec un remplacement du combustible nucléaire prévu tous les cinq ans.
Comment la Chine compte-t-elle concrétiser ce projet ?
Conscients des verrous technologiques, les ingénieurs ont élaboré une feuille de route réaliste en trois phases, s'étalant sur plus de deux décennies. L'approche est incrémentale et vise à maîtriser chaque brique technologique avant l'intégration finale.
La première étape, prévue avant 2035, consiste à développer une plateforme hybride. Elle intégrerait un canon électromagnétique de 10 MJ (portée de 150 km) et un blindage électromagnétique actif de 2 MJ sur un châssis existant, le tout alimenté par un générateur diesel de 1500 chevaux couplé à des supercondensateurs.
La deuxième phase, de 2035 à 2045, verra une nette montée en puissance. Le canon passerait à 20 MJ pour une portée de 300 km, et le blindage actif à 10 MJ. L'énergie serait fournie par un système diesel de 2000 chevaux et cinq tonnes de stockage d'énergie avancé, comme des batteries à état solide.
C'est seulement après 2045, dans la troisième et dernière phase, que le réacteur nucléaire remplacerait le moteur thermique pour donner naissance à la version ultime du char, dotée de son railgun de 50 MJ.
Quels sont les obstacles et les doutes qui planent sur ce projet ?
Malgré l'ambition du projet, de nombreux experts restent sceptiques et soulignent les défis monumentaux, tant techniques que tactiques. Le premier casse-tête est celui de l'intégration.
Faire cohabiter un réacteur nucléaire, son blindage anti-radiation, les systèmes de conversion et de dissipation thermique avec l'armure, les munitions et l'équipage (en supposant qu'il ne soit pas remplacé par des robots et des IA d'ici là) dans une boîte de 60 tonnes relève de la quadrature du cercle.
Au-delà de l'ingénierie, la pertinence tactique est questionnée. Un expert militaire, cité anonymement, met en doute la plus-value d'une énergie illimitée. « Même avec une 'énergie illimitée', l'équipage a besoin de repos et le char de munitions », souligne-t-il.
De plus, la vulnérabilité d'un tel engin est une source d'inquiétude majeure. Dans un contexte de prolifération des drones et des missiles antichars, la destruction d'un char nucléaire pourrait créer une zone de contamination radiologique.
Certains suggèrent que cette technologie serait bien plus adaptée à une plateforme autonome sans équipage, transformant le concept en un robot de guerre surpuissant.
Journaliste GNT spécialisé en mobilité / Ante-Geek des profondeurs du Web et d'ailleurs
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