Raphaël Glucksmann candidat à la présidentielle française
Raphaël Glucksmann a annoncé dimanche au journal de 20H de TF1 sa candidature à la présidentielle française. L'eurodéputé de centre gauche participera à la primaire organisée en octobre par le Parti socialiste et son propre mouvement, Place publique.
"Je suis candidat pour relever la France, parce que, vous savez, on a tous une boule dans le ventre quand on regarde ce qu'est en train de devenir notre nation et ce qu'elle pourrait devenir dans les mois qui viennent", a déclaré Raphaël Glucksmann qui s'est dit "candidat pour gagner".
Sa participation au jeu électoral aura pour conséquence très probable la mise en retrait sur France 2 de sa compagne Léa Salamé, qui présente le téléjournal.
L'annonce de la candidature de l'ex-documentariste n'est pas une surprise, car l'élu de 46 ans faisait déjà activement campagne. En mai, il s'était donné trois mois "pour sillonner le pays", "proposer un nouveau contrat patriotique" et "réunir sa famille politique".
Opposé à Jean-Luc Mélenchon
Le dirigeant de Place publique avait mené l'alliance de la gauche traditionnelle aux élections européennes de 2024, obtenant 14% des voix.
Il peine aujourd'hui à percer dans les sondages d'intention de vote en vue de la présidentielle, alors que la gauche reste fragmentée entre Insoumis, socialistes, écologistes et communistes (lire aussi l'encadré).
Le PS et Place publique doivent finaliser dans les prochains jours les modalités de leur primaire, dont les candidats doivent impérativement appartenir à l'arc social-démocrate.
Raphaël Glucksmann partira favori de ce scrutin auquel plusieurs socialistes – Ségolène Royal, les députés Philippe Brun et Jérôme Guedj – souhaitent participer. Le chef du PS Olivier Faure pourrait également se présenter.
"Si je gagne cette primaire, il n'y aura plus jamais d'accord avec Jean-Luc Mélenchon. La seule manière pour la gauche de gagner, c'est d'être claire", a martelé le député européen, opposé de longue date au chef de file de La France Insoumise.
>> A relire : La bousculade de candidats à l'Elysée, un signe de l'essoufflement des partis en France
Marine Le Pen en tête des intentions de vote
Raphaël Glucksmann a anticipé une rentrée politique qui s'annonce agitée alors qu'outre Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen à l'extrême droite et les anciens Premiers ministres Edouard Philippe et Gabriel Attal au centre droit sont déjà entrés en lice.
La dirigeante du Rassemblement national est nettement en tête des intentions de vote en vue du premier tour et donnée victorieuse au second tour face à n'importe quel candidat de gauche.
"Je ne prends pas cette décision à la légère", a déclaré Raphaël Glucksmann dimanche sur le plateau de TF1. "Va-t-on offrir notre pays à l'extrême droite? Je ne me voyais pas me dérober devant un tel choix", a-t-il affirmé.
agences/ami
Taxer les plus gros héritages
Côté programme, Raphaël Glucksmann entend augmenter "la rémunération nette des travailleurs" par une baisse des prélèvements sociaux sur les salaires.
Elle sera financée "en taxant davantage les méga-héritages, les 1% les plus gros", a-t-il précisé à la journaliste Audrey Crespo-Mara, qui présente le journal de TF1. "Cela nous permettra de récupérer 15 milliards d'euros que nous transférerons directement sur la fiche de paie des travailleurs."
Il a également promis "un plan de sauvetage de l'école publique", dont l'état actuel "lui retourne les tripes".
Jean-Luc Mélenchon séduira-t-il une gauche pour l'heure désunie?
La gauche française part pour l'instant en ordre dispersé. Selon certains sondages, Jean-Luc Mélenchon est aujourd'hui le mieux placé au sein de ce camp politique où les candidatures se multiplient. Mais le ténor de LFI, qui en est à sa quatrième tentative d'accéder à l'Elysée, peut-il rassembler au-delà de son parti et de la gauche dans son ensemble?
"Il y a un paradoxe en France. Jean-Luc Mélenchon est à la fois le meilleur candidat de la gauche pour le moment et la personnalité politique perçue comme l'une des plus clivantes", remarque dans Forum Bruno Cautrès, chercheur et enseignant à Sciences Po Paris.
Selon le spécialiste de la vie politique française, Jean-Luc Mélenchon et son parti ont de sérieux atouts dans leur manche. Mais il est encore difficile de dire si le septuagénaire se qualifiera au second tour du scrutin le printemps prochain. "Les intentions de vote au premier tour sont déjà à prendre avec beaucoup de précautions, aussi loin de l'élection. […] Pour se qualifier au second tour, tout sera fonction des autres candidatures et de leur nombre", analyse-t-il.
>> L'interview de Bruno Cautrès dans Forum :
KEYSTONE - PHILIPPE MAGONI