L’inflation repart à la hausse: quel impact sur votre portefeuille?
Après un léger répit en juin, l’inflation est repartie à la hausse en juillet en Belgique, atteignant 3,56%. Dans un contexte marqué par les guerres, la flambée des prix de l’énergie, la sécheresse et les défis climatiques, quel sera l’impact sur le coût de la vie? Dans quelles dépenses les ménages en ressentiront-ils le plus fortement les effets? Pour Stijn Baert, professeur d’économie du travail, deux facteurs seront déterminants dans les mois à venir.
M.BO.
Source: Het Laatste Nieuws
31 juillet 2026, 08:36Dernière mise à jour: 08:40
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L'inflation repart à la hausse. Après avoir ralenti à 3,4% en juin, elle a atteint 3,56% en juillet, selon les dernières données publiées jeudi par Statbel. Qu’est-ce que cela signifie concrètement? Dans les mois à venir, le coût de la vie continuera d'augmenter à un rythme bien supérieur à l'objectif de 2% fixé par la Banque centrale européenne.
“En pratique, cela signifie que les mois d’août, septembre, octobre, novembre et décembre seront environ 4% plus chers que les mêmes mois de 2025”, explique Stijn Baert, professeur d’économie du travail à l’Université de Gand, dans Het Laatste Nieuws. “Un ménage qui dépensait 1.000 euros par mois l’an dernier devra prévoir environ 1.040 euros cette année”.
Les prévisions du Bureau fédéral du Plan vont dans ce sens: l'inflation devrait atteindre 3,35 % en août, 3,55% en septembre, 3,79% en octobre, 3,86 % en novembre et culminer à 4,03% en décembre, avant de commencer à ralentir à partir de février 2027.
L’expert rappelle que ce niveau d’inflation est bien au-dessus de la normale. “Une inflation ‘normale’ se situe autour de 2%. C’est sur cette base que la Banque centrale européenne construit l’ensemble de sa politique monétaire. À ce niveau, les prix augmentent progressivement sans basculer dans la déflation”, explique-t-il.
La déflation, c’est-à-dire une baisse généralisée des prix, n’est en effet pas souhaitable. “Lorsqu’ils s’attendent à des prix encore plus bas le mois suivant, les consommateurs reportent leurs achats. À terme, cela risque de freiner, voire de paralyser l’activité économique”.
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Le caddie résiste
Bonne nouvelle toutefois: cette hausse générale des prix ne se traduit pas automatiquement par une flambée des produits alimentaires.
“Le panier de courses ne représente qu’une partie de nos dépenses”, souligne Stijn Baert. “Les factures d’énergie, qui ont fortement augmenté en raison des tensions au Moyen-Orient, n’y figurent pas. Or, dans les supermarchés, les prix des denrées alimentaires n’augmentent quasi pas. En juillet, ils n’étaient que 0,3% plus élevés qu’un an auparavant”.
Selon l’économiste, cette faible progression s’explique notamment par la concurrence intense que se livrent les enseignes belges. À ce stade, rien n’indique que les prix des produits alimentaires devraient connaître une forte envolée dans les prochains mois. “En d’autres termes, aujourd’hui, le contenu du caddie et l’ensemble du pouvoir d’achat sont deux choses bien distinctes”, résume-t-il.
Deux facteurs à surveiller
Cette tendance se confirmera-t-elle dans les mois à venir? Pour Stijn Baert, deux éléments seront déterminants. Le premier concerne la situation géopolitique. “Une nouvelle escalade du conflit avec l’Iran ferait immédiatement grimper les prix de l’énergie, ce qui pousserait l’inflation encore plus haut que prévu”, avertit-il.
L’économiste souligne par ailleurs que les carburants - tout comme le tabac et l’alcool - ne sont plus pris en compte dans l’indice des prix pour calculer l’inflation et adapter les loyers ou les salaires. Une hausse des carburants ne sera donc pas automatiquement compensée par une hausse des salaires, ce qui risque de peser davantage sur le pouvoir d’achat des ménages.
À plus long terme, des prix de l’énergie plus élevés finiraient par se répercuter sur les prix dans les supermarchés, puisque toute la chaîne de production et de distribution dépend de l'énergie.
Le second facteur: la rigueur de l’hiver. “Un hiver froid entraîne une hausse de la demande en énergie. Et lorsque davantage de consommateurs recherchent une même ressource, les prix augmentent. C’est un principe de base en économie”, conclut l’expert.