L'oeil de la rédaction. L’édito : Dis-moi ton prénom, je te dirai qui tu es
Notre rédacteur en chef Frédérick Macé s’offre aujourd’hui un pas de côté dans son édito. Exit les sujets d’actualité brûlants et gros plan sur les prénoms qui en disent long sur chacun d’entre nous. Car des études le prouvent : le prénom influence notre vie.
Frédérick Macé -
Hier à 20:40 | mis à jour hier à 21:23
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Photo Corinne Chabeuf
Tout le monde en a un. Je l’aime ou je le déteste. Il me suit toute ma vie. Et pourtant je ne l’ai pas choisi. Et il dit plus sur moi que ce que j’imagine. Certains affirment même qu’il pèse sur mon destin. Qui suis-je ? Le prénom, ce mot à la fois partagé par des milliers de personnes et qui imprime, dans le même temps, notre singularité. En deux siècles il est devenu un véritable support d’identité. Et désormais la loi autorise les parents à faire qui leur plaît. Comme chaque année, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a publié en ce mois de juillet le fichier des prénoms qui recense ceux donnés aux enfants depuis 1900. Si Louise et Jade sont les prénoms féminins en tête de ce millésime (comme en 2024), Gabriel et Noah (qui remplace Raphaël par rapport à 2024) sont les plus usités chez les garçons. Phénomène de société donc puisque chaque époque a ses prénoms à la mode, il est néanmoins bien plus que ça. « Notre prénom, c’est l’acte fondateur de notre existence et une étiquette sociale », affirme Anne-Laure Sellier, chercheuse en sciences cognitives à HEC Paris. « On a désormais des données scientifiques et on sait que le prénom influence notre vie. »
Notre prénom nous colle à la peau
À l’heure de l’enfant roi, de nombreux parents sont tentés de lui donner un prénom original pour affirmer son caractère unique. Pas forcément un cadeau si on en croit psychologues et sociologues. Un prénom très original peut rendre le chemin de vie plus difficile car il exige davantage d’efforts pour se démarquer ou surmonter les préjugés. Les prénoms pourraient même influencer l’apparence physique. Une étude récente montre que le prénom agit comme « une prophétie autoréalisatrice » d’une certaine attente sociale : 60 % des images faciales testées montrent que la similarité entre les visages portant le même prénom est bien supérieure à la moyenne. Décidément notre prénom nous colle à la peau.