L'oeil de la rédaction. L’édito. IA et copier-coller : pour la triche, c’est déjà la rentrée

L'oeil de la rédaction. L’édito. IA et copier-coller : pour la triche, c’est déjà la rentrée

A un mois de la rentrée, Sébastien Daucourt, notre éditorialiste du jour, constate avec dépit que les élèves ont toujours plus recours à l’intelligence artificielle pour tricher… D’où l’obligation pour l’éducation nationale et les profs d’imaginer des examens 2.0.

Sébastien Daucourt -

Hier à 19:44

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Photo Karine Diversay

 Photo Karine Diversay

Une gratte. Une pompe. Une zouille ou un copion. Peu importe la façon de la nommer. Le plus important est que personne ne la remarque. L’antisèche reste l’arme essentielle dans la lutte historique, presque initiatique, que mènent les élèves face aux professeurs. Une histoire vieille comme le monde, formidable vecteur d’ingéniosité et de créativité qui, depuis quelques années, est toutefois entrée dans une nouvelle ère. Celle de la triche 2.0.
Ringards que nous sommes, nous qui pliions maladroitement un morceau de feuille contenant des infos (souvent inutiles) au fond de la trousse, ou dans le caleçon avant de prétexter une envie pressante en plein examen. Préhistoriques, ces techniques, à l’heure de l’IA qui ouvre à tous les étudiants une galaxie de possibilités.

 Le vrai sujet n’est déjà plus la triche

Que tous ne crient pas victoire cependant : dans l’ombre, la riposte s’organise. Il faut bien reconnaître que la situation devient critique. L’université autonome du Mexique vient en effet d’imposer à des milliers de candidats de repasser en présentiel l’examen d’entrée, qui s’est déroulé pour la première fois à distance. La raison : malgré de nombreux systèmes de surveillance (à base d’IA) mis en place, les résultats ont été… cinq fois meilleurs !
Quelques jours plus tôt, un professeur d’histoire américain avait confié avoir réalisé un test sur 35 de ses élèves, priés d’écrire un devoir à la maison. Il avait dissimulé, dans l’intitulé, un message caché que seule une IA pouvait détecter, demandant d’inclure le mot « Madagascar » de façon obligatoire et aléatoire. Résultat : 32 des 35 élèves ont triché et rédigé leur prose avec de l’IA (sans même prendre le temps de relire, visiblement).
C’est l’éternelle histoire du chat et de la souris. Du gendarme et du voleur. Mais le vrai sujet n’est déjà plus la triche. Le défi est ailleurs : quand une machine réussit l’examen à la place de l’élève, c’est peut-être l’examen qu’il faut réinventer.