L'oeil de la rédaction. L'édito. Journée de mobilisation : la violence des casseurs parasite les revendications des lycéens
Une journée que d'aucuns avaient placés sous le sceau de la mobilisation citoyenne contre la vie chère. L'on retiendra, la casse, les vols et les incendies. Comme si cette jeunesse ensauvagée était incapable de défendre des idées, autrement que par la violence.
Michel Klekowicki -
Hier à 21:15
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Dans les rues de Nancy comme dans toute la France, cette même violence. Photo Cédric Jacquot
Un écran télé, deux images. Le son coupé pour se préserver de la surenchère verbale. À gauche, un cortège dans une grande ville lambda. Des jeunes, des vieux, des slogans et des pancartes : une manifestation en somme. À droite, un attroupement devant un bâtiment qui flambe. L’uniforme ? Un survêtement noir, le visage masqué et des lunettes de ski. La « meute » est fascinée par les flammes et caillasse le camion des pompiers. Un fatras d’étendards - le manga sociétal « One Piece », celui de la Palestine, des drapeaux bleu-blanc-rouge, des écharpes de supporters de foot -, mais un seul point commun : casser. Les CRS font de la contention mais ne chargent pas. En face, les black blocs ou apparentés provoquent et profitent d’une latitude qui ne durerait pas un quart de seconde sur la place Rouge ou à Tian’anmen.
Un pays en mille morceaux
En démocratie, heureusement, même l’anarchie révolutionnaire bénéficie d’un airbag… Bref, un samedi de hooliganisme ordinaire qui s’incruste dans un mouvement social et l’enkyste. La tumeur de la violence est là, qui discrédite les revendications et pollue les messages. Pas un mot sur l’état de délabrement de certains lycéens, rien ne filtre du désespoir de ceux dont le salaire est englouti par le réservoir d’essence. La violence gratuite et absurde de quelques-uns a parasité la mobilisation de ceux qui avaient vraiment quelque chose à dire. Colère.
Tristesse aussi devant l’apathie politique. Le gouvernement jouait le pourrissement ? Bravo, la situation est bien gangrenée. La gauche de la gauche s’en prend à la police ; l’extrême droite donne dans la surenchère sécuritaire et se frotte les mains. Dans le théâtre d’ombres d’une France à quelques mois de la présidentielle, chacun est à sa place. Désespérément dans son rôle. Un œil sur les sondages, l’autre sur son nombril. Un archipel de certitudes, aucune nuance à l’horizon et tous les ponts du dialogue effondrés. Le 17 octobre 2026, dans un pays en mille morceaux.