L'ONU alerte sur El Niño qui pourrait "dépasser les échelles de suivi" et appelle à une "action anticipée" pour protéger les populations à risque

El Nino, une menace pour la Bourse? - AFP
Le phénomène El Niño en cours devrait encore s'intensifier dans les prochains mois et peut-être "littéralement dépasser les échelles de suivi" utilisées actuellement, a alerté l'ONU ce mercredi 21 octobre. Les Nations unies appellent à une "action anticipée" pour protéger les personnes les plus à risques.
L'ONU tire la sonnette d'alarme. Ce mercredi 21 octobre, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) de l'ONU alertait sur le puissant phénomène météorologique El Niño en cours, qui va encore s'intensifier ces prochains mois et peut-être "littéralement dépasser les échelles de suivi" utilisées actuellement, selon elle.

"L'épisode El Niño actuel pourrait être d'une intensité sans précédent, dépassant littéralement les échelles de suivi que nous utilisons depuis quatre décennies", a déclaré devant la presse à Genève la secrétaire générale de l'OMM, Celeste Saulo.
"Nous ne pouvons pas empêcher El Niño"
Elle a ensuite appelé à la protection des personnes les plus exposées aux conséquences de ce phénomène. "Aujourd'hui, nous lançons un appel conjoint en faveur d'une action anticipée urgente et coordonnée", a-t-elle poursuivi.
"Nous ne pouvons pas empêcher El Niño, mais nous pouvons prévenir bon nombre de ses conséquences humaines les plus graves", a assuré Celeste Saulo.

El Niño: pourquoi la menace est plus forte que jamais
14:36
"Cet épisode El Niño est un phénomène colossal. C'est une véritable force destructrice (…). Il va frapper de plein fouet l'Amérique latine, l'Afrique orientale et australe, l'Asie ainsi que la région du Pacifique, en y provoquant des chaleurs extrêmes, des sécheresses et des inondations", a alerté Tom Fletcher, le chef des opérations humanitaires de l'ONU, avec qui l'appel était lancé conjointement.
Selon lui, "une menace mondiale d'une telle ampleur exige une mobilisation totale et une réponse coordonnée à l'échelle internationale". Il a recommandé ainsi de préparer "en premier lieu" les populations qui se trouvent sur le passage d'El Niño.
Appel aux pays, aux banques et aux institutions financières internationales
Il a annoncé avoir déjà mobilisé plus de 50 millions de dollars via le fonds central d'intervention d'urgence du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) afin de venir en aide à onze pays en première ligne, notamment le Tchad, le Salvador, l'Éthiopie, la Somalie et le Soudan du Sud.
"Nous appelons les pays, les banques de développement et les institutions financières internationales à débloquer des financements dans cette optique avant que les dommages ne surviennent, et non après", a exhorté Tom Fletcher, évoquant des conséquences humanitaires "considérables".
"La Somalie, l'Éthiopie et le Kenya ont besoin de fonds et de fournitures avant l'arrivée des fortes pluies; l'Afrique australe a besoin de semences et de bétail avant la clôture des périodes de semis et de préparation agricole. L'Amérique centrale nécessite une aide immédiate pour préserver les moyens de subsistance, tandis que l'Asie et le Pacifique doivent se préparer à faire face à des sécheresses, des inondations et des cyclones", a-t-il ajouté.
À lire aussi "On observe déjà des conséquences": le retour du phénomène El Niño va-t-il bouleverser encore plus notre climat?
"Nous sortons du cadre de nos relevés et de nos statistiques habituelles"
El Niño est un phénomène naturel qui revient tous les deux à sept ans. Les eaux de surface dans le centre et l'est du Pacifique équatorial se réchauffent à partir du printemps, ce qui entraîne les mois suivants des modifications majeures des régimes de vents, de pression et de précipitations à l'échelle mondiale.
Les températures de surface de la mer dans cette zone du Pacifique équatorial sont déjà nettement supérieures à la moyenne et continuent d'augmenter. L'OMM prévoit que ces températures dépassent la moyenne à long terme de 3,8°C entre novembre et janvier.
Sur le même sujet
"Nous n'avons jamais enregistré une valeur de 3,8 par le passé. Lors de certains épisodes El Niño particulièrement intenses, nous avons observé des valeurs avoisinant 3, lesquelles avaient eu des répercussions très significatives à l'échelle mondiale", a expliqué Celeste Saulo. Mais là, "nous sortons du cadre de nos relevés et de nos statistiques habituelles concernant ce à quoi nous pouvons nous attendre", a-t-elle ajouté.
Sujets liés :