INFO FRANCEINFO. L'Unédic demande à l'État de cesser les prélèvements dans les caisses du régime d'assurance chômage
Les signataires du courrier jugent "urgent que le régime amorce son désendettement afin qu'il puisse continuer d'assurer son rôle d'amortisseur économique et social".
Publié le 24/07/2026 17:54
Mis à jour le 24/07/2026 19:00
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Les représentants des salariés et des employeurs qui dirigent l'Unédic ont envoyé, jeudi 23 juillet, un courrier au Premier ministre Sébastien Lecornu pour l'alerter sur la dégradation de la situation financière du régime d'assurance chômage. Dans ce document que franceinfo et France Inter ont pu consulter, ils attribuent cette dette notamment aux prélèvements de l'État, via la réduction de la compensation par l'État des exonérations de cotisations, qu'ils chiffrent à 12,05 milliards d'euros depuis 2023. Selon les informations de franceinfo et France Inter, le gouvernement envisage pour 2027 une nouvelle ponction de quatre milliards d'euros.
Les partenaires sociaux demandent également le rétablissement d'une compensation intégrale à compter de 2027 afin de permettre le désendettement du régime. Selon eux, alors que le document de cadrage du 1er août 2023 prévoyait d'affecter la majeure partie des excédents au désendettement, "les prélèvements exercés au titre des moindres compensations ont emporté tous les excédents du régime ces dernières années, et nous contraignent même à accroître notre dette en 2026".
L'Unédic estime qu'après prise en compte du prélèvement prévu par le gouvernement de 4,1 milliards d'euros en 2026, le régime enregistrera un déficit de 2,3 milliards d'euros, soit une troisième année consécutive de solde négatif imputée à ces prélèvements. Cette situation "réduit à néant la capacité de désendettement du régime" et oblige l'organisme à mettre en œuvre un programme de financement de 10 milliards d'euros cette année, dans un contexte de taux d'intérêt élevés.
"En fin d’année 2026, l’endettement net de l’Unédic devrait atteindre 61,5 milliards d'euros, alors qu’il aurait été de 49,5 milliards d'euros sans les prélèvements de l’Etat", calcule l'Unédic. Les emprunts supplémentaires contractés pour y faire face devraient représenter une charge d'intérêts estimée à un milliard d'euros entre 2023 et 2027.
Les signataires jugent "urgent que le régime amorce son désendettement afin qu'il puisse continuer d'assurer son rôle d'amortisseur économique et social". "Au regard des efforts déjà consentis par le régime pour réduire les dépenses d'assurance chômage, il est indispensable de rétablir une compensation intégrale des exonérations à compter de 2027", concluent-ils.