La Belge Karine Viseur évoque les fuites dans le dossier Bruel: "Qui avouerait un crime tel que celui-là sur autant de personnes?"
Alors que le chanteur Patrick Bruel a annoncé l'annulation de sa tournée et que plusieurs éléments de la procédure ont fuité dans la presse ces derniers jours, la Belge Karine Viseur réagit ce vendredi 4 septembre 2026 à ces nouveaux rebondissements.
Rencontre avec l'attachée de presse qui a fait le choix le 18 mars dernier de témoigner à visage découvert sur l'agression qu'elle dit avoir subie en 2010 de la part Bruel.
Des détails de la garde à vue de Bruel et de plusieurs témoignages ont fuité, voici ce qu'il a répondu aux accusations de la Belge Karine ViseurPatrick Bruel a annoncé l'annulation de sa tournée. Une décision que vous jugiez inévitable. Cela change-t-il la donne ?
"Complètement. C'est vraiment un poids en moins. C'est un acte qui a été posé. Une action. C'est plus que des paroles. On est soulagé d'entendre et de voir cela. C'est aussi précieux par rapport à toutes les fans qui allaient être en contact avec lui, tout le personnel qui allait travailler sur la tournée. Donc oui, on se sent responsable maintenant."
Y avait-il aussi une volonté de protéger les fans et les autres personnes qui allaient être en contact avec lui ?
"Oui, tout à fait. Si j'ai finalement affiché mon visage et donné toutes ces interviews, c'est dans le but de protéger aussi toutes ces personnes."
Mimie Mathy apporte son soutien à Patrick Bruel , mis en examen et visé par de 32 plaintes: "Il a été plus harcelé que harceleur, à mon avis""Il n'avait plus le choix"
Patrick Bruel a dit avoir fait "le choix de l'apaisement". Comment réagissez-vous à l'emploi de ce terme précis ?
"C'est n'importe quoi. C'est le choix qui s'imposait. Il n'avait plus le choix. Donc il a fait ce que les Français et les Belges désiraient."
La décision de l'appel concernant l'assouplissement de son contrôle judiciaire doit être rendue le 16…
"Il n'y a pas de raison qu'il y ait cet assouplissement, en fait. Ça aurait été une personne lambda, jamais il n'y aurait eu d'appel. Je trouve que le contrôle judiciaire qu'il a eu était déjà très souple. Il n'était pas assigné à résidence, il n'avait pas non plus de bracelet électronique. On lui demandait juste de vivre normalement chez lui, en France. Ben non, ce n'était pas suffisant. Monsieur Patrick Bruel a fait appel pour pouvoir finalement vivre comme tout le monde alors qu'il y a 32 plaintes, dont des plaintes pour viol."
Affaire Patrick Bruel: le chanteur annule l'ensemble de sa tournée, il ne se produira pas à Forest le 6 octobre prochain"Je trouve qu'il y a beaucoup de choses qui fuitent pour l'instant en France"
Cette semaine, le témoignage d'Héléna Noguerra a fuité dans la presse. Un témoignage censé être anonyme. Avez-vous été surprise, vous aussi, de le découvrir ?
"Oui, je le découvrais également. J'ai aussi été surprise par le fait qu'il ait fuité. Je trouve qu'il y a beaucoup de choses qui fuitent pour l'instant en France, malheureusement. Et c'est aussi le cas pour mon dossier, qui se retrouve dans la presse. On a l'audition de Patrick Bruel en long et en large. Tout le monde peut accéder à ça. Je trouve que c'est assez préjudiciable."
Selon l'une des avocates de Patrick Bruel, cette fuite pourrait même émaner de la défense…
"Mais je ne vois pas en quoi c'est bénéfique pour la défense, que du contraire !"
Alors qu'il séjourne à l'étranger, Patrick Bruel est visé par une nouvelle plainte pour viol : la victime présumée était "tout juste majeure"Comprenez-vous la colère d'Héléna Noguerra aujourd'hui ?
"Tout à fait. Et là, elle va vivre ce que celles qui, comme moi, ont finalement montré leur visage et vivent depuis six mois : le regard des gens, les critiques, la méchanceté. On ne retire rien de positif à cela."
Devant la divulgation de pièces de procédure confidentielles comme les auditions et interrogatoires, en venez-vous à douter du fonctionnement de la justice ?
"Un doute envers la justice ? Non. Par contre, certaines personnes sont malveillantes, ça, c'est clair."
L'audition de Patrick Bruel a elle aussi été rendue publique. Aviez-vous été informée de ce qu'il avait déclaré face à vos accusations ?
"Je préfère ne pas en parler."
Patrick Bruel voit son contrôle judiciaire allégé, Karine Viseur réagit : "C'est révoltant !"Dans cet article, il affirme n'avoir aucun souvenir de cette journée. Comment réagissez-vous à cette ligne de défense ?
"Mais ça, c'est depuis le début. Que ce soit dans l'audition ou pas, Patrick Bruel a toujours nié et il va garder ce processus de : 'J'occulte, et non, je n'ai jamais rien fait.' Maintenant, qui avouerait un crime tel que celui-là sur autant de personnes ?"
Il s'appuie également sur l'attestation d'une dénommée Isabelle, une ex-compagne qui l'aurait accompagné tout au long de son passage à Bruxelles. Est-ce un élément ou un nom dont vous vous souvenez ?
"Je répondrai à cette question face à la justice."
Affaire Patrick Bruel : sa "dalle" rue Pont d'Avroy à Liège a été vandaliséeVous mentionnez une femme dans votre témoignage. Pouvez-vous nous dire si elle a été entendue par les enquêteurs ?
"Elle n'a pas encore été entendue, mais elle le sera."
Vous en voulez-vous de l'avoir cité ?
"Non. J'ai fait mon audition en étant la plus complète possible."
Plus d'une trentaine de femmes ont désormais déposé plainte. Pensez-vous que leur parole aurait suscité une telle suspicion et une telle hostilité si elles avaient mis en cause une personne moins connue, ou si les victimes déclarées avaient été des enfants ?
"Non, bien sûr que non. Et si ça n'avait pas été Patrick Bruel, nos paroles n'auraient jamais été remises en doute comme ça. C'est juste parce qu'il s'agit de Patrick Bruel, cette icône française, la Bruelmania, le gars avec qui toute une population a grandi. Il a rythmé les événements de leur vie. Si ça avait été des enfants, jamais on aurait eu cette salve de haine. Aujourd'hui, de nouveau, comme je suis en interview toute la journée, je vais subir pendant 15 jours une nouvelle salve de haine odieuse de la part des fans."
Affaire Patrick Bruel : contrôle judiciaire allégé pour le chanteur, qui a été vu hors de France"C'est ébranler tout un mythe"
Selon vous, qu'est-ce qui explique que l'opinion publique éprouve autant de réticences et de difficultés à croire la parole des femmes dans de telles circonstances ?
"Parce que justement, comme je le disais, ils ont grandi avec lui. C'est ébranler tout un mythe. C'est déstructurer une construction qui s'était faite sur une vingtaine d'années de leur vie et se dire : 'Mais non, finalement, on ne peut pas casser tout ça. Ma vie a été ponctuée par Patrick Bruel et donc non, on ne peut pas entacher sa personne.'"
Ne craignez-vous pas que ces fuites médiatiques répétées aient un effet dissuasif sur d'autres femmes, en les décourageant de témoigner ou de porter plainte par peur de voir leur identité jetée en pâture ?
"C'est un risque, clairement."
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