"La Belgique baisse sa culotte devant Ryanair et reçoit une fessée comme récompense"
"Le monde économique a pris le dessus sur le monde politique. Ryanair est une multinationale qui a plus de pouvoir que certains pays". Didier Lebbe, permanent à la CNE, réagit amèrement à la énième annonce de Ryanair de diminuer ses activités en Belgique.
Ce mercredi, la compagnie irlandaise a ainsi confirmé qu'elle retirerait 5 avions, sur les 19 qu'elle a en été et les 14 en hiver, de sa base à Charleroi. Ce qui représenterait une diminution de deux millions de sièges vendus sur l'année, selon les calculs de la compagnie irlandaise.
La petite marche arrière de l'Arizona
En cause ? une augmentation de la taxe sur les billets d'avion, qui va passer de cinq à sept euros pour les vols entre 500 et 3500 km dès janvier prochain. La demi-marche arrière de l'Arizona, qui a renoncé en dernière minute de faire passer cette augmentation à 10 euros comme initialement prévu, n'a ainsi pas convaincu les dirigeants de la compagnie irlandaise. "La Belgique baisse sa culotte devant Ryanair et reçoit une fessée comme récompense", ironise Didier Lebbe.
Ryanair supprime 2 millions de sièges de son offre en Belgique malgré la (demi) marche arrière du gouvernement sur la taxe aérienneCette annonce n'est pas une surprise pour le leader syndical, habitué à la "méthode Ryanair". "La compagnie nous avait prévenu fin juin que leur planning de cet hiver était déjà préparé et que tout revirement politique ne servirait à rien. Mais ce n'est qu'un prétexte. Ils ont l'habitude de changer leurs programmes de vols tout au long de l'année et ils peuvent le faire très rapidement".
Selon M. Lebbe, il n'y a qu'un seul moyen de faire plier la compagnie aérienne : faire grève. "Ils sont très durs en négociations, mais dès qu'ils perdent de l'argent, ils peuvent faire volte-face. Ici, ils ont obtenu 2 euros d'augmentation de taxes au lieu de 5 euros. Mais pour eux, ce n'est pas assez. Ils veulent 0. Donc ils continuent leur bras de fer".
"Les avions vont vite revenir en Belgique"
Didier Lebbe l'affirme : Ryanair bluffe quand il parle de réduction d'activités à Charleroi. "La compagnie va là où elle peut faire de l'argent. Or, Charleroi est un aéroport qui fonctionne très bien pour eux. Ils veulent mettre leurs avions dans des pays comme l'Albanie, un pays qui n'a que 2,5 millions d'habitants avec un faible pouvoir d'achat… Je pense que ces aéronefs reviendront très vite en Belgique".
"Ils font appel à des faux indépendants, ce qui est illégal et ce que nous dénonçons depuis des années. Mais la justice belge bouge très lentement".
Il n'y aurait également pas de craintes à avoir sur l'emploi au sein de l'aéroport wallon. "Au niveau des équipages de cabine, il y a un tel roulement au sein de la compagnie que Ryanair est obligée d'engager en permanence. Certains ne restent que quelques mois".
"Personne n'ose affronter Ryanair"
Ryanair serait également en manque de pilotes. "Ils font appel à des faux indépendants, ce qui est illégal et ce que nous dénonçons depuis des années. Mais la justice belge bouge très lentement. On dirait qu'en Belgique personne n'ose affronter frontalement Ryanair".
Et le permanent de conclure : "Non seulement, on cède aux chantages de la compagnie irlandaise, mais en plus on leur permet de commettre des actes illégaux. Michael O'Leary, le patron de Ryanair, est un hors-la-loi qui fait sa loi en Belgique".
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