La CAQ abandonne le nom de Christine Fréchette
La Coalition avenir Québec (CAQ) renoue avec son appellation d'origine.
La formation politique, qui a été rayée de la carte la semaine dernière, abandonne le nom de Christine Fréchette, qui a annoncé au lendemain des plus récentes élections générales qu'elle démissionnait de son poste de cheffe du parti, après l'avoir dirigé pendant un peu moins de six mois.
La CAQ – qui comptait 79 députés à la dissolution de l'Assemblée nationale – repart à zéro, elle qui, malgré un score honorable de 13,35 % des voix, n'a remporté aucun siège le 5 octobre. C'est dans ce contexte, donc, que le parti redevient la Coalition avenir Québec, tout simplement.
La formation politique fondée par François Legault en 2011 avait changé de nom en juillet dernier, trois mois après l'élection de Mme Fréchette à sa tête, au terme d'une courte course de trois mois l'opposant à son collègue Bernard Drainville.
La CAQ avait alors adopté l'appellation « Équipe Christine Fréchette - Coalition avenir Québec » pour mettre sa cheffe de l’avant. Ce choix, avait alors expliqué la directrice générale du parti, Brigitte Legault, visait à créer un changement d'air auprès de l'électorat en vue de la campagne électorale.
Un chef intérimaire désigné en fin de semaine
Dix jours après sa défaite, la CAQ, orpheline, renoue donc avec une appellation générique. Un avis public a été publié par Élections Québec vendredi matin pour faire savoir que le changement de nom avait été autorisé la veille.
Le comité exécutif de la CAQ doit se réunir samedi pour choisir un chef par intérim en vue de la prochaine course à la direction. L'ex-député de Chapleau Mathieu Lévesque, qui quittera la semaine prochaine ses fonctions de ministre responsable de la Jeunesse et de ministre délégué aux Régions, est vu comme le favori pour le poste.
Interrogé sur ses ambitions mercredi en marge de la dernière réunion du Cabinet de Christine Fréchette, M. Lévesque s'est dit flatté de savoir que [son] nom circule.

Mathieu Lévesque pourrait être désigné par le comité exécutif de la CAQ pour mener le parti jusqu'à l'arrivée d'un véritable chef en vue des prochaines élections générales, qui pourraient être ordonnées plus tôt que tard dans le contexte d'un gouvernement minoritaire à l'Assemblée nationale. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Andréanne Lebel
En entrevue la semaine dernière, Brigitte Legault avait indiqué que l'identité du prochain chef intérimaire de la CAQ serait dévoilée lundi prochain.
La personne choisie aura notamment la responsabilité d'organiser la prochaine course à la direction, à laquelle deux ex-députés ayant occupé des postes importants dans les gouvernements de François Legault et de Christine Fréchette ont déjà dit réfléchir.
Ainsi, Ian Lafrenière, qui cédera sous peu ses titres de vice-premier ministre, de ministre de la Sécurité intérieure et de ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit, pourrait être en lice, tout comme Simon Jolin-Barrette, ministre de la Justice et ministre responsable des Affaires constitutionnelles.
La course devra toutefois être organisée rapidement, puisque le gouvernement du Parti québécois (PQ), élu la semaine dernière avec à sa tête Paul St-Pierre Plamondon, sera minoritaire à l'Assemblée nationale. Une telle configuration, historiquement, ne dure qu'entre 18 et 24 mois.
En attendant, le site de la CAQ a été épuré et dépouillé de la plupart de ses références à Mme Fréchette, hormis une photo de son ancienne cheffe sur la page d'accueil. Le logo du parti a aussi été modifié pour refléter ce changement, et une section « Vos idées » a été ajoutée pour recueillir les commentaires du public.
Un parti, une équipe
Reste à voir si la CAQ, une fois que son prochain chef sera choisi, changera une nouvelle fois de signature.
La formation, avant de greffer le nom de Christine Fréchette au sien, avait, dès 2012, intégré celui de son fondateur en obtenant du directeur général des élections la permission d'utiliser l'appellation « Coalition avenir Québec - L'équipe François Legault ».
M. Legault a dirigé le parti de sa création jusqu'à l'élection de sa successeure, en avril dernier. Il avait, dès janvier, annoncé sa démission imminente en tant que premier ministre et chef de parti, expliquant constater que beaucoup de Québécois [souhaitaient] du changement.