"La cavale ce n’est pas une vie, je peux plus le refaire" : le Gardois arrêté 26 ans après le braquage d’un fourgon de la Brinks libéré ?

"La cavale ce n’est pas une vie, je peux plus le refaire" : le Gardois arrêté 26 ans après le braquage d’un fourgon de la Brinks libéré ?

Dominique Delattre, le braqueur professionnel arrêté fin juin en Espagne après 26 ans de cavale, veut déjà être libéré. Il explique devant la cour d’appel avoir changé alors qu’il devra être rejugé aux assises pour l’attaque d’un fourgon de la Brinks à Vendargues (Hérault) en 1997 pour lequel il a écopé de 20 ans.

"Finalement, vous êtes parti en cavale, mais rétrospectivement vous regrettez ou vous avez eu raison de partir ?" Le président de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Montpellier s’est montré, ce mardi, très intéressé par le profil atypique de Dominique Delattre, Gardois de 65 ans. Ce dernier a été arrêté près de Séville, fin juin, après vingt-six ans de cavale, à la suite d’un braquage ultraviolent commis sur un fourgon de la Brinks à Vendargues (Hérault). Pour cela, il avait été condamné par contumace à vingt ans de réclusion.

"Je regrette bien sûr, partir en cavale, ce n’est pas une vie, je peux plus le refaire, je ne suis plus l’homme que l’on a connu", s’est défendu le braqueur dans le box, cheveux blancs et lunettes, qui veut sortir de prison et qui sera fixé ce jeudi 23 juillet. "Je l’ai cherché, mais ça a été vingt-six ans de souffrance psychologiques… Je voudrais travailler et revoir ma famille, ça fait vingt-six ans que je la vois plus", a encore assuré encore le dernier né d’une fratrie de huit, basée à Alès.

"Mais c’est vous qui êtes parti !"

"Mais c’est vous qui êtes parti !", lui a alors rappelé le magistrat.

"Oui c’est vrai."

"Mai comment travailliez-vous en Espagne ?", a poursuivi le juge.

"Je travaillais un peu de tout, dans les champs, comme distributeur de sandwichs, serveur aussi, oui".

"Mais avez-vous refondé une famille là-bas ? Vous êtes marié en Espagne ?"

"Non, j’ai comme une famille mais pas de sang", a encore répondu Dominique Delattre.

Dominique Delattre.
Dominique Delattre.

Le président qualifie de "braqueur professionnel"

Le sang avait aussi coulé lors de l’attaque à main armée le 3 octobre 1997 où huit tirs ont été recensés sur les convoyeurs de fonds : l’un a été sérieusement blessé, alors qu’une munition a été retrouvée dans l’étui de la sacoche d’un convoyeur. L’un des trois gangsters a été retrouvé mort après un accident en s’enfuyant, "un cadavre en état de décomposition" étant retrouvé indique la cour d’appel. Celui que le président qualifie de "braqueur professionnel", condamné déjà deux fois par les assises pour braquages quand il était mineur, avait profité d’une permission de sortie pour voir sa concubine à Alès sans réintégrer la prison, attaquer le camion de la Brinks et se réfugier en Espagne.

Repéré et arrêté quatre mois avant la prescription de son affaire, grâce à la ligne téléphonique d’un proche, il va devoir maintenant être rejugé par la cour d’assises de l’Hérault. En attendant, son avocat Me Jean-Charles Teissedre, pousse pour qu’il soit sous contrôle judiciaire : "qu’au moins on le laisse comparaître libre sur des faits aussi anciens !", a-t-il demandé après avoir plaidé la nullité de la procédure, "illégale" selon lui. "Rien ne nous dit qu’il ne partira pas une nouvelle fois !", a prévenu de son côté l’avocate générale, s’opposant fermement à toute libération.