La dette attendra. Les élections, non.

La dette attendra. Les élections, non.

Jean de La Fontaine avait-il prédit ce que deviendrait la politique belge en écrivant ses fables ? À voir nos gouvernements fédéral, wallon et bruxellois repousser d'un ou deux ans les efforts budgétaires qu'ils savent indispensables, on pourrait le croire. La cigale et la fourmi, le lièvre et la tortue, le chêne et le roseau... Quatre siècles plus tard, les fables du XVIIe siècle restent d'une étonnante actualité. Elles racontent les travers de nos responsables politiques qui remettent l'effort à demain, croient pouvoir rattraper le temps perdu et sous-estiment les tempêtes à venir.

Comme les figures de ce bestiaire intemporel, nos dirigeants révèlent une faiblesse humaine tenace qui consiste à sacrifier une vision à long terme aux calculs du moment, et l'intérêt général à une victoire individuelle. Et pourtant, en matière budgétaire, le calendrier politique peut se révéler redoutable. Arracher le sparadrap lorsque les élections sont encore loin s'avère plus audacieux que de procrastiner. Concentrer les économies dans l'enseignement en début de législature s'inscrivait dans une telle logique.

Budget fédéral : Bart De Wever relance les négociations avec une série de bilatérales

Pour éviter la chute de son gouvernement, Bart De Wever tente - enfin - une nouvelle méthode. Il propose de réduire l'ambition de l'exercice budgétaire en cours afin d'éviter les 12e provisoires et de rassurer les marchés financiers. Pour la suite, we zullen zien...

Le Premier ministre lance ce filet de sécurité à contrecœur, et non sans rancœur envers Georges-Louis Bouchez. D'autant que la situation économique et financière pourrait se dégrader davantage. Et, dans la perspective des législatives de 2029, les partis auront toujours plus de réticences à franchir leurs lignes rouges et à s'accorder sur des mesures impopulaires.

Bart De Wever voulait éviter ce piège. Son partenaire libéral, un brin suicidaire, l'y pousse. Les gouvernements wallon et bruxellois avaient emprunté la même voie, au risque de reporter eux aussi les arbitrages les plus difficiles. Quant aux budgets de 2029, année électorale, on peut craindre qu'ils ne se perdent dans le flou artistique.

L'opposition se déchaîne contre l'Arizona : "Bart De Wever n'a pas le leadership nécessaire pour présenter un budget en temps et en heure"

La Flandre, elle, vise l'équilibre budgétaire dès 2027 et assume des mesures impopulaires pour y parvenir. Ce contraste y nourrit inévitablement les critiques sur la discipline budgétaire des francophones. La facture finale risque d'être à la fois comptable et politique. Elle pourrait se révéler particulièrement douloureuse.

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