La facture des droits de douane est moins salée que prévu pour BRP

La facture des droits de douane est moins salée que prévu pour BRP

Même si ses marges sont sous pression en raison des droits de douane, le fabricant de véhicules récréatifs BRP a bonifié ses prévisions alors que la demande est résiliente et que l’impact des droits de douane est moins grand que prévu.

La direction de l’entreprise québécoise derrière les marques Sea-Doo, Ski-Doo et Can-Am s’attend à générer un bénéfice ajusté par action d’entre 4,00 $ et 4,50 $ au cours de l’exercice en cours, a-t-elle indiqué, jeudi, lors du dévoilement de ses plus récents résultats trimestriels.

En mai, elle pointait vers un intervalle d’entre 3,00 $ et 3,50 $. La fourchette de prévisions est ainsi relevée de 1,00 $.

« Notre capacité à gérer l’entreprise dans un contexte géopolitique et économique volatil, combinée à la solide performance des véhicules hors route, renforce notre confiance dans les perspectives », résume le président et chef de la direction, Denis Le Vot, lors d’une conférence téléphonique avec les analystes.

Le chef des finances, Sébastien Martel, qui a annoncé le jour même son départ à la retraite, précise que l’impact financier des droits de douane devrait être de 200 millions $ cette année et de 225 millions $ l’an prochain sur une base annualisée.

En mai, BRP prévoyait que les droits de douane lui coûteraient entre 500 millions $ et 550 millions $.

Il s’agit d’une bonne nouvelle, mais l’action de BRP a déjà récupéré près du quart du terrain perdu depuis son creux d’avril provoqué par l’impact des droits de douane, note l’analyste Jonathan Glodman, de Banque Scotia.

« Nous pensons que les prévisions (des analystes) vont suivre celle de la direction, mais nous croyons qu’une bonne partie est déjà prise en compte dans le prix de l’action », estime-t-il dans une note.

Un soutien « exceptionnel » à un fournisseur

BRP a comptabilisé un coût de 74,8 millions $ pour la « restructuration financière d’un fournisseur ».

M. Martel assure qu’il s’agit d’une situation exceptionnelle. « Je suis avec l’entreprise depuis 22 ans et c’est la première fois que nous avons eu à le faire, raconte-t-il. Ce sont des circonstances exceptionnelles. »

Il qualifie le fournisseur « d’important ». « C’est un bon fournisseur, (qui fait) des pièces de qualité. L’objectif est de maintenir la relation. »

Résultats supérieurs aux attentes

BRP a tout de même enregistré une perte au deuxième trimestre clos le 31 juillet, mais les vents contraires ont soufflé moins fort que prévu.

En excluant une aide financière à un fournisseur, la marge brute de la société est sous pression à 15 % au deuxième trimestre, comparativement à 21,1 % à la même période l’an dernier. L’entreprise a attribué cette baisse à la hausse des coûts liés aux droits de douane.

La société a dévoilé une perte de 136,8 millions $ alors qu’elle avait enregistré un bénéfice de 57,1 millions $ à la même période l’an dernier. La perte ajustée par action s’est établie à 0,18 $.

Les revenus, pour leur part, ont augmenté de 18,5 % à 2,2 milliards $, soutenus par une demande vigoureuse.

Avant la publication des résultats, les analystes anticipaient une perte par action de 0,66 $ et des revenus de 2,0 milliards $, selon la firme de données financières Refinitiv.

L’analyste Brian Morrison, de Valeurs mobilières TD, souligne que les résultats sont largement supérieurs aux attentes, ce qui devrait rendre les investisseurs plus optimistes.

« BRP semble gagner des parts de marché dans tous ses segments et semble avoir limité l’impact des droits de douane par rapport aux craintes initiales », écrit M. Morrison dans une note.

L’analyste Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale, est plus tempéré, malgré « les signaux clairement positifs ». « Nous croyons quand même que les bénéfices seront plus bas par rapport à l’an dernier au cours des prochains trimestres, ce qui nous conduit à rester neutres sur l’action. »

Départ du chef des finances

M. Martel a annoncé aux investisseurs son départ à la retraite, avant l’ouverture des marchés. Il sera remplacé par Minh Thanh Tran au début du mois d’octobre. M. Martel occupera les fonctions de conseillers d’ici son départ à la retraite en avril prochain.

M. Tran est au service de l’entreprise depuis 2017. Il a d’ailleurs contribué à l’entrée en Bourse de BRP en 2013, alors qu’il travaillait chez BMO Marchés des capitaux.

« L’entreprise dit qu’il s’agit d’une transition mûrement planifiée, mais elle risque d’être interprétée comme une surprise par les investisseurs », réagit M. Doerksen.

L’annonce fait suite au départ du précédent président et chef de la direction, José Boisjoli, en février dernier, après plus d’une vingtaine d’années à la tête de l’entreprise.