"La faible densité de population fait que la majorité des habitants du Lot se situe entre 25 et 40 minutes en voiture des structures" : le Département lance un bus gratuit vers cinq villes pour aller voir des spectacles
l'essentiel Le Département du Lot lance "Lot'ô bus", un service de transport gratuit pour la saison culturelle 2026/2027, permettant aux habitants d'accéder à de nombreux spectacles et exposition. Ce dispositif vise à transformer le trajet en une expérience collective, tout en favorisant l'accès à la culture pour les publics éloignés ou défavorisés. Le premier trajet est prévu le 9 octobre. Explications du Département sur ce dispositif "innovant".
Et si aller voir un spectacle commençait dès la montée dans le bus ? C’est le pari du Département du Lot, qui lance, pour la saison culturelle 2026-2027, Lot’ô bus, un nouveau dispositif de transport gratuit permettant aux Lotois de se rendre à des spectacles et exposition. Mais les élus départementaux veulent aller plus loin qu’une simple solution de mobilité : l’ambition est de faire du trajet lui-même "une expérience, un voyage, une rencontre".
"C’est une initiative très innovante", a présenté Serge Rigal, président du Département du Lot. Le principe est simple : des lignes de bus spécialement mises en place conduiront les spectateurs vers différents lieux culturels du territoire, avant de les ramener à leur point de départ.
Au total, 20 spectacles seront concernés tout au long de la saison, grâce à 11 lignes de bus. Le dispositif, entièrement financé par le Département, est mené en partenariat avec plusieurs saisons culturelles : l’Arsénic à Gindou, l’Astrolabe Grand-Figeac, le Théâtre de l’Usine à Saint-Céré, le Théâtre de Cahors, les Docks à Cahors et l’exposition Résurgence de Cauvaldor.
Les trajets seront pensés pour ne pas dépasser 50 minutes à l’aller comme au retour. Pour réserver, les spectateurs devront s’adresser directement aux saisons culturelles concernées. Une pastille "Lot’ô bus" permettra d’identifier les rendez-vous accessibles grâce au dispositif sur les plaquettes et les sites internet des programmations.
Un éloignement des équipements culturels
Mais, pour Catherine Prunet, vice-présidente du Département chargée de la culture, l’objectif dépasse largement la question du transport. "Lot’ô bus, c’est vraiment un voyage collectif. Ce n’est pas une simple navette, parce que le spectacle vivant, c’est du partage", affirme-t-elle.
À bord, un agent du service des solidarités départementales et un agent du service culture seront présents. De quoi accompagner les passagers, mais aussi prolonger le moment de partage. "L’idée, c’est d’avoir une expérience avant le spectacle et aussi de pouvoir faire salon au retour, échanger les impressions ou peut-être ne rien dire", poursuit l’élue.
Car derrière Lot’ô bus se trouve une réalité bien connue dans ce département rural : l’éloignement des équipements culturels. "La faible densité de population fait que la majorité des habitants du Lot se situe entre 25 et 40 minutes en voiture des structures, voire plus. Et c’est là que commence le frein à l’accès à la culture", souligne Serge Rigal.
À la distance s’ajoutent parfois le manque d’information sur les programmations ou une forme d’autocensure. "Certains se disent que ce n’est pas pour eux", observe le président du Département. Pour les personnes âgées, isolées, les jeunes sans autonomie de déplacement ou encore les personnes ne disposant pas de véhicule, la question du trajet peut tout simplement empêcher une sortie culturelle.
Une volonté de mélanger les publics à travers ce dispositif
Le dispositif entend également favoriser la mixité sociale. Un tiers des places de chaque bus sera réservé à des publics accompagnés par le Département : bénéficiaires du RSA, personnes âgées en résidence autonomie, personnes en situation de handicap accueillies notamment en foyers de vie, jeunes suivis par l’aide sociale à l’enfance…
Pour ces publics, les places de spectacle seront achetées en amont par le Département. "C’est aussi pour lutter contre l’enfermement, parfois dans une situation un peu compliquée, et pouvoir mélanger les publics", insiste Catherine Prunet.
Le premier rendez-vous de Lot’ô bus aura lieu le 9 octobre, à l’occasion de Shéhérazade, avec l’Orchestre national du Capitole, à l’espace François-Mitterrand de Figeac. Deux trajets seront proposés : l’un au départ de Leyme, via Lacapelle-Marival et Assier, l’autre au départ de Limogne, en passant par Cajarc.
Les 11 lignes permettront ensuite de rejoindre plusieurs lieux du Lot : l’espace François-Mitterrand à Figeac, les Docks et le Théâtre de Cahors, le Théâtre de l’Usine à Saint-Céré, l’Arsénic à Gindou ou encore le Beffroi Saint-Martin à Souillac. Le Département se lance donc dans "un test grandeur nature", qui pourra évoluer au fil des retours. Catherine Prunet conclut : "Allons-y, montons ensemble dans le bus et on fera le bilan à la fin de la saison."