La Fête de la soupe à Florac présente-t-elle un risque de trouble à l’ordre public ?

La Fête de la soupe à Florac présente-t-elle un risque de trouble à l’ordre public ?

À Florac (Lozère), la colère monte après l’interdiction préfectorale de la journée phare de la Fête de la soupe, prévue ce samedi 24 octobre, invoquant des risques de troubles à l’ordre public. Organisateurs et commerçants dénoncent une décision disproportionnée, prise sans réelle concertation, et redoutent de lourdes conséquences financières.

La colère gronde devant la mairie de Florac ce jeudi 22 octobre 2026. Une centaine de personnes se sont rassemblées spontanément pour protester contre l’annulation partielle de la mythique Fête de la soupe qui débute vendredi.

Ce samedi 24 octobre 2026, un arrêté préfectoral interdit la tenue de l’événement pour des raisons de "risques de troubles à l’ordre public". La sous-préfète et directrice de cabinet de la Lozère Anne Monteiro a affirmé, lors d’un entretien, que les renseignements territoriaux avaient identifié la tenue d’une mobilisation non déclarée sur Florac sur la journée de samedi.

Des mesures proportionnées ?

Pour autant, elle n’a pas souhaité donner de détails sur les informations qu’elle détenait, préférant rappeler que le nombre important de personnes attendues constituait également un risque de troubles à l’ordre public. Faute d’éléments plus précis sur la nature des menaces évoquées, difficile de mesurer ce qui a conduit les autorités à privilégier l’annulation de la fête par rapport à d’autres mesures moins coercitives.

"Nous, ça nous paraît disproportionné. La décision est tombée l’avant-veille et nous n’avons eu que très peu de dialogue avec la préfecture, la négociation était impossible", regrette Dominique Lysyczarz, membre du conseil d’administration de l’association organisatrice.

Il souligne que la Lozère, comme la plupart des territoires ruraux, a été totalement "épargnée par les grosses mobilisations et les dégradations", mais Anne Monteiro rappelle aussi que cet arrêté intervient dans un "contexte national particulier" et que le 17 octobre, un rassemblement non déclaré d’une centaine de personnes avait eu lieu en Lozère, sans pour autant créer de dégradations.

La question de la radicalité de cette mesure est également posée du côté des organisateurs : n’aurait-il pas été préférable de mettre en place un renforcement de la sécurité ou une réduction des horaires plutôt que d’interdire une journée entière de fête ? Sur ce point, Anne Monteiro esquive : "Un déploiement des forces de l’ordre était de toute façon déjà prévu sur Florac pour l’événement" répond-elle.

Des conséquences financières

De son côté, Dominique Lyszczarz a l’impression qu’il y a un peu une forme de stigmatisation de l’événement. "Peut-être que le fait que l’événement soit plutôt à gauche ne joue pas en notre faveur, surtout avec le discours ambiant. Je pense aussi que ce type de format, gratuit, dans la rue et non marchand ne plaît pas", regrette le bénévole.

Pour les organisateurs, l’annulation de la plus grosse journée du week-end a des répercussions financières graves dont ils ne sont pas sûrs de pouvoir se relever. "Nous avons un trou énorme dans notre trésorerie qu’on ne pourra résorber, à moins de vendre nos bols le dimanche lors de la Fête de la châtaigne. On n’est pas certains que la préfecture ait mesuré l’impact de cette annulation", déplore Dominique Lyszczarz.

Un recours en justice prévu

Les petits commerçants eux aussi sont vent debout contre cette décision. Une pétition a été mise en circulation par leurs soins pour protester contre cette annulation, elle a récolté 30 signatures. Dans un communiqué, l’association affirme vouloir déposer un référé-liberté.