La glace de l'Everest fond, et l'urine n'y serait pas étrangère
Actualisé6. septembre 2026, 23:04
HimalayaLa glace de l'Everest fond, et l'urine n'y serait pas étrangère
Plus de 6000 litres d'urine contribueraient à la fonte du glacier de Khumbu, selon une nouvelle étude.

L’Everest perd de sa glace, et les alpinistes y contribuent. Selon une nouvelle étude, leur présence laisse une empreinte mesurable sur le glacier du Khumbu. Au printemps, près de trois millions de kilos de glace et de neige fondraient sous l’effet de l’énergie consommée.
Le confort s’est nettement développé au camp de base de l’Everest. Selon le «New York Times», on y trouve désormais cafés, grands écrans, wi-fi haut débit et douches chaudes. Certains alpinistes installent même chauffage au sol et tapis dans leur tente. En 2023, quelque 1600 tentes du camp de base auraient consommé près de 19'000 litres de kérosène et 5000 litres d’essence, ainsi que 824 bouteilles de gaz.
L’étude estime aussi que les 6000 litres d’urine produits chaque jour par les alpinistes et les guides pourraient contribuer à la fonte de 154 tonnes de glace. «Plus on boit, plus il faut aussi évacuer», résume Khim Lal Gautam, l'auteur principal de l’étude et géoscientifique.
Séjours au camp rallongés
Au camp de base, les excréments d'environ 2000 personnes sont collectés puis évacués dans la vallée. Mais certains font leurs besoins directement sur le glacier, qui alimente en eau les populations locales. «La perte de glace est visible à l’œil nu», souligne Gautam.
En 2026, l’instabilité croissante de la cascade de glace du Khumbu a rallongé les séjours au camp de base, rapporte «The Great Outdoors». Avec, à la clé, davantage de déchets et d’excréments. Tentes et bouteilles d’oxygène sont également parfois abandonnées sur place.

Kenton Cool a gravi l’Everest 20 fois. Il s’inquiète de l’impact de l’alpinisme sur l’Himalaya. «Aujourd’hui, on ne peut plus ignorer les déchets», confie-t-il à «The Great Outdoors». Et avec l’affluence, les traces se multiplient: matériel abandonné, camps dégradés et excréments.
Gautam alerte aussi sur les effets du changement climatique dans l’Himalaya. La fonte des glaciers accroît notamment le risque de crues glaciaires. Elle pourrait favoriser les avalanches et rendre l’ascension de l’Everest encore plus dangereuse, souligne le chercheur Peter Hackett au «New York Times».
Que pensez-vous du fait que le camp de base de l'Everest pèse davantage sur le glacier de Khumbu?
C'est un problème sérieux, et l'Everest devrait être plus strictement réglementé.
Plus de confort au camp de base est compréhensible, mais il faut des limites environnementales claires.
Du moment que tout est éliminé correctement, je n'y vois pas d'inconvénient.
Les excursions en montagne sont globalement trop axées sur le confort.
Ce qui me dérange le plus, c'est que la nature et le climat en souffrent à la fin.
(jsa)

Karin Leuthold (kle), née en 1968, travaille à 20 Minuten depuis 2005 et se consacre surtout à des affaires criminelles à travers le monde
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