Glacier du Rhône : la grotte de glace contrainte de fermer
La grotte du glacier du Rhône doit fermer. Le Conseil d'Etat valaisan a rejeté le recours de l'exploitant contre la décision ordonnant la remise en état du site et la cessation de son exploitation, a appris la RTS. Cette activité était contestée depuis plusieurs années.
Cette galerie, retaillée chaque printemps, permet une immersion au cœur du glacier. Exploitée depuis plusieurs générations par une famille haut-valaisanne qui fait payer l'accès, elle attire avec succès jusqu'à 100'000 visiteurs par an.
Mais il y a trois ans, la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage (SL-FP) est montée au créneau. Elle s’inquiétait des conséquences environnementales des bâches en plastique déployées sur la langue glaciaire pour en freiner la fonte, redoutant une pollution aux microplastiques. La Fondation dénonçait également une galerie creusée sans aucune autorisation.
Le dépôt, cet été, d'une pétition forte de plus de 10'000 signatures a en outre permis d'appuyer encore ces revendications.
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Cette dénonciation avait fait réagir les autorités valaisannes. La commission cantonale des constructions avait demandé le retrait des bâches en plastique et exigé que les travaux de percement de la galerie soient immédiatement arrêtés. En août 2025, elle avait également prononcé une décision de remise en état du site.
>> Les précisions dans l'émission Forum :
© KEYSTONE / JEAN-CHRISTOPHE BOTT - JEAN-CHRISTOPHE BOTT
Bâches en plastique retirées
Si les bâches en plastique ont effectivement été retirées – le service de l'environnement l'a vérifié le mois dernier lors d'une inspection –, rien n'a été fait concernant la remise en état du site. L'exploitant avait en effet déposé un recours. Selon la RTS, ce recours vient d'être rejeté par le Conseil d'État. Le gouvernement estime que la galerie et les bâches installées sur le glacier auraient dû faire l'objet d'autorisations préalables.
Il considère également qu'une telle autorisation ne pouvait être délivrée dans cette zone de protection des plaines alluviales d’importance nationale.
L’exploitant dispose désormais de 30 jours pour faire recours au Tribunal cantonal.
La grotte ne peut donc plus être matériellement exploitée. Dans sa décision, le Conseil d’Etat a en effet levé l’effet suspensif en cas de recours auprès du Tribunal cantonal.
Contacté, l’exploitant se refuse à tout commentaire. Mais il est combatif. Au mois d'août de cette année, la commission cantonale des constructions lui a également signifié l'interdiction d'utiliser le chemin pédestre permettant d'accéder à la grotte en raison d'un risque de chute de pierres. Interdiction contre laquelle il a déjà interjeté un recours au Tribunal cantonal.
Cédric Jordan et Mathias Délétroz/fgn