« La mer, c’est toute sa vie » : à Paimpol, la disparition du marin pêcheur Jean-Pierre Le Caër suscite une vive émotion
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Originaire de Paimpol (22), Jean-Pierre Le Caër, âgé d’une cinquantaine d’années, est l’un des deux marins-pêcheurs portés disparus depuis le naufrage du « Maranello », au large de Plymouth. L’émotion est vive, dans la Cité des Islandais, où ce professionnel polyvalent est décrit comme « un bosseur, un passionné ».
La disparition de Jean-Pierre Le Caër, lors du naufrage du Maranello, au large de Plymouth (Angleterre), samedi 28 août, suscite une grande émotion, ce lundi 31 août, dans le port de Paimpol, dont il est originaire et où résident ses parents octogénaires.
À bord de son chalutier amarré sur le quai de Kernoa, ce patron pêcheur, qui souhaite conserver l’anonymat, a bien connu le marin pêcheur d’une cinquantaine d’années. « On était ensemble au lycée maritime, on a commencé notre carrière à peu près au même âge, raconte-t-il. Il n’était pas loin de la retraite. C’est un gars qui connaissait la mer. Il n’a fait que ça, naviguer. »
« Il savait tout faire sur un chalutier »
Sur ce même quai, un membre de la famille, très ému, décrit « un bosseur, un vrai professionnel des bateaux. L’expérience, il l’avait, il a tout fait : la pêche côtière, celle au large, le hauturier. À un moment, il a eu son propre bateau (L’Arc-en-ciel, NDLR), ça s’est un peu mal passé, mais il s’est relancé par la suite. Il était polyvalent, savait tout faire sur un chalutier. Quand il était mécano, il n’hésitait pas à filer le coup de main sur le pont s’il y avait du boulot… »
Formé au milieu des années 80 sur les bancs du lycée maritime de Paimpol, l’École d’apprentissage maritime (EAM), alors implanté sur les bords du Trieux, Jean-Pierre Le Caër se distingue par ses excellentes aptitudes pour les métiers de la pêche. « Il était à l’école avec mon frère, c’était un élève brillant, parmi les meilleurs », se souvient Yannick Hémeury, représentant délégué de la CFTC Marins-pêcheurs. L’ancien patron pêcheur, qui l’a employé sur le « Ploueg-ar-Mor », en 1988-1989, évoque « un passionné, la mer, c’est toute sa vie. C’est un homme jovial, sympathique et très polyvalent, il a tous les brevets. »
« Je ne comprends pas »
En plus de leur inquiétude, tous témoignent ce matin de leur « incompréhension » sur les circonstances de ce naufrage. « Impossible de dire ce qui a pu se passer, il faut attendre l’enquête du BEA », insiste Yannick Hémeury. « Je ne comprends pas, complète le patron pêcheur du port de Paimpol. Sur ces chalutiers de 21 mètres, la sécurité est au maximum. En temps normal, le mauvais temps ne les dérange pas. C’est sans doute un enchaînement de plein de choses, un effet domino ou du sur-accident. »

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L’émotion est également intense, sur les réseaux sociaux, où son frère Erwan lui a adressé hier « une grosse pensée » sur le groupe Facebook « T’es de Paimpol si ». Son message a déjà fait réagir près de 2 900 internautes et recueilli plus de 200 témoignages de soutien.
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