« La notoriété m’angoisse » : Florence Paracuellos, la relève est assurée pour la matinale de France Inter
Florence Paracuellos à la Maison de la radio, à Paris, le 2 juillet.
© Ilan Deutsch / Paris Match
La journaliste succède à Nicolas Demorand pour animer la matinale sur France Inter la plus écoutée de France. Un défi à la mesure de cette enfant de la radio.
Dans quelques jours, elle reprendra le chemin de la Maison de la radio et ses habitudes de matinalière. « Je me lève à 3 h 40, j’ai gagné deux heures de sommeil, avant, je mettais mon réveil à 1 h 40 », explique Florence Paracuellos, en faisant référence aux sept années où elle présentait le journal de 8 heures sur France Inter, devenant ainsi l’une des voix les plus écoutées de France. À la rentrée 2025, épuisée par les nuits trop courtes, elle arrête les matinales et reprend le journal de 19 heures. « Pendant un mois et demi, j’étais en extase. J’avais retrouvé une vie normale. » Mais le répit est de courte durée : elle est choisie pour remplacer Nicolas Demorand à la matinale pendant son arrêt maladie.
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Le défi est osé : assurer quotidiennement plus de deux heures de direct. « J’étais persuadée que l’exercice n’était pas fait pour moi, souligne-t-elle. Mais je dépannais, je gardais la place pour Nico, et ça m’a protégée du stress puisque je n’avais aucun enjeu. » Au service courrier de Radio France, les lettres s’accumulent : « Nico nous manque, on l’aime, mais on adore Flo aussi ! » Son style, sa spontanéité et sa voix (que beaucoup reconnaissent lorsqu’ils l’entendent dans la rue…) font l’unanimité. « J’ai l’impression d’inviter les auditeurs à ma table du petit déj, je me sens proche d’eux. On essaie de décrypter ce monde pas toujours léger sans être trop angoissants. »
« Un pur produit du service public »
En septembre, Nicolas Demorand reviendra sur Inter avec « Recto verso » le week-end, et Florence Paracuellos rempilera donc pour une saison à réveiller les Français aux côtés de Benjamin Duhamel, qu’elle surnomme « la Rolls » : « Il est exceptionnel et excellent, il a beaucoup d’autodérision, on se marre ! » Avec lui, elle a appris l’exercice de l’interview politique. Ils ont désormais trouvé leur rythme de croisière, s’appellent tous les après-midi pour préparer le grand entretien du lendemain et travaillent dans un document partagé. Elle a hâte de vivre cette année présidentielle : « Passionnante, avec beaucoup d’enjeux, il faudra être prêt, bosser beaucoup ! » explique celle qui se définit comme « un pur produit du service public ».
Elle connaît par cœur la grande maison ronde qui l’a vu grandir : sa mère y travaillait comme administratrice, Florence Paracuellos y a fait son premier stage à 15 ans. « Après mon bac, j’ai décroché un stage d’été et je n’en suis jamais partie, raconte la journaliste. J’ai été embauchée aux reportages, où je suis restée pendant près de dix ans. Ici, c’est un peu chez moi. » La radio la rassure. « Lorsque j’étais enfant, elle était allumée en permanence, ensuite j’ai écouté Doc et Difool, Daniel Mermet, et je voyageais avec les grands reportages… »
Quand elle ne prépare pas sa matinale installée sur sa table de cuisine reconvertie en bureau, cette mère de deux garçons s’évade en dévorant des livres. C’est d’ailleurs elle qui avait conseillé à Nicolas Demorand « Bleus, blancs, rouges », de Benjamin Dierstein, le premier livre que le journaliste avait lu après son hospitalisation. Lorsque « sa monomanie de travail » prend trop le dessus, elle peut compter sur ses fils et son compagnon pour couper… Discrète, elle n’a qu’une seule hantise : « La notoriété m’angoisse. » Pourtant elle la mérite.
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