Un “concert historique” au Ronquières Festival: la presse s’emballe pour l’“opération séduction réussie” de la superstar flamande Pommelien Thijs

Un “concert historique” au Ronquières Festival: la presse s’emballe pour l’“opération séduction réussie” de la superstar flamande Pommelien Thijs

© ID/ Michiel Cremers

“Une star de la pop dans la moitié de son pays”: voilà comment le New York Times résumait récemment le phénomène Pommelien Thijs, icône absolue en Flandre et presque totalement inconnue de l’autre côté de la frontière linguistique. La conquête de la Wallonie a débuté ce samedi au Ronquières Festival. Un baptême du feu relevé haut la main. La presse francophone s’incline notamment devant le “naturel” et l’“aisance” d’une “étoile montante”. Côté flamand, on souligne le caractère “historique” de voir une artiste chanter en néerlandais sur une scène wallonne.

Anthony Marcou

9 août 2026, 14:12Dernière mise à jour: 14:36

Ajoutez-nous à vos favoris Google

Opération win-win accomplie. Soucieux d’étendre son champ d’influence de l’autre côté de la (proche) frontière linguistique, le Ronquières Festival avait déjà frappé fort l’année dernière en invitant Will Smith au pied du plan incliné, suscitant un vif intérêt médiatique auprès de nos confrères néerlandophones. Mais le Prince de Bel Air doit céder sa couronne. La reine de la notoriété au nord du pays, c’est Pommelien Thijs. Véritable phénomène, la chanteuse pop et actrice accumule les succès, les prix, les reconnaissances.

La liste des journalistes accrédités s’est largement étoffée pour cette 14e édition, gonflée par la presse néerlandophone qui a consacré de nombreux avant-papiers à sa venue à Ronquières et qui était présente en masse sur le site en début de soirée samedi. Un rendez-vous inédit avec le public wallon qui a conquis, au nord comme au sud.

“Un coup double dans l’histoire des festivals”

“Avec sa prestation à Ronquières, Pommelien Thijs vient de marquer d’un coup double l’histoire des festivals en Belgique. À l’ombre de l’iconique plan incliné, elle est la toute première artiste d’expression néerlandophone à se produire sur ce festival wallon, situé dans le village du même nom”, rappelle la VRT. “De plus, elle a chanté pour la toute première fois son répertoire en néerlandais de l’autre côté de la frontière linguistique: un exploit que très peu d’artistes pop flamands ont accompli avant elle.”

© ID/ Michiel Cremers

“Pour ce concert historique à Ronquières, la foule n'est pas totalement compacte. Programmé juste après le groupe de rap parodique français Fatal Bazooka, le créneau de Pommelien (18h50-19h50) tombe manifestement à l'heure du repas pour beaucoup de festivaliers”, pointe le média public qui insiste sur l’attitude la star qui “ne se laisse pas démonter” et sur ses excellentes prises de parole en français. “Elles s’enchaînent avec fluidité entre les morceaux. Pendant ses chansons, elle incite aussi le public, toujours en français, à taper des mains ou à les lever. Une opération séduction réussie, à l'image de ce que fait sa consœur francophone Angèle en Flandre.”

“L’opération séduction réussie” est aussi relevée par la RTBF qui opte même pour la formule en titre pour résumer la performance. “Elle fait partie des rares artistes à franchir la frontière linguistique. La jeune Pommelien Thijs a suscité l’enthousiasme à Ronquières y compris devant un public pas forcément acquis à sa cause. Et même si elle chante en néerlandais, et si le public ne comprend pas forcément les paroles, le courant passe.”

“Les mots justes”

“Pommelien Thijs a trouvé les mots justes pour s’adresser au public francophone”, corrobore Moustique qui liste plusieurs points forts au terme d’une première convaincante: “voix irréprochable”, “enchaînements maîtrisés” et “setlist diversifiée”, entre autres. “En cette fin d’après-midi, on n’a pas seulement assisté à un improbable concert dans une Belgique pourtant habituée au surréalisme. On a surtout vécu un excellent moment musical.”

“À aucun moment on n’a eu l’impression qu’elle était là à contre-cœur. Elle savait qu’il allait falloir aller au charbon, alors elle est allée au charbon. Le visage luisant de sueur sous le soleil couchant, elle n’a cessé de haranguer” les festivaliers, s’enthousiasme De Morgen qui regrette (c’est un euphémisme) que la foule se soit clairsemée pour sa prestation, après le show très suivi de Fatal Bazooka livré devant une foule compacte.


Un choix de programmation Fatal?

“Chacun ses goûts, mais quand un public part totalement en vrille sur (...) Fatal Bazooka, qui chantait à côté de la plaque (...) pour ensuite se barrer sans vergogne avant le concert de Pommelien Thijs, il y a de quoi l’avoir mauvaise.” Un bémol dans “un chouette festival pourtant, convivial et bien moins étouffé par les règles que toutes ces conneries de Live Nation qu’on doit se taper en Flandre”, tempère le quotidien.

À cet égard, on peut s’interroger sur certains choix de programmation. Si l’objectif était d’offrir des prestations (très) variées dans un laps de temps (trop?) rapproché: excellent choix, on n’aurait pas pu faire mieux. Mais n’aurait-il pas fallu, par exemple, inverser l’ordre des prestations et s’épargner cette image d’une foule qui désemplit? Cela n’était sans doute pas imprévisible en regard de la notoriété respective des artistes côté francophone. Facile à dire après coup, quand on n’a pas toutes les cartes ni toutes les contraintes d’organisation en main, certes.

Là, où il n’y a pas débat, c’est sur la qualité de la performance de Pommelien Thijs qui a bouclé son premier examen en Wallonie avec la mention très bien.

À VOIR AUSSI: LE SHOW DE FATAL BAZOOKA AU RONQUIÈRES FESTIVAL


LIRE AUSSI

Aussi dans l'actualité