La prison requise pour 20 personnes accusées de trafic d'êtres humains, de l'Albanie au Royaume-Uni via Namur : "Des organisations bien rodées"

La prison requise pour 20 personnes accusées de trafic d'êtres humains, de l'Albanie au Royaume-Uni via Namur : "Des organisations bien rodées"

Le parquet de Namur a requis jeudi des peines allant de six mois à deux ans de prison contre plusieurs prévenus poursuivis dans un dossier de trafic d'êtres humains de l'Albanie vers le Royaume-Uni et de participation à une organisation criminelle. Il a toutefois admis le dépassement du délai raisonnable et demandé qu'il soit pris en compte dans la fixation des peines.

Le dossier concerne une dizaine de passages clandestins de ressortissants albanais vers le Royaume-Uni, entre 2017 et 2020, principalement au moyen de documents d'identité appartenant à des personnes présentant une forte ressemblance physique avec les candidats au passage. Selon le parquet, le prix d'un passage pouvait atteindre 15.000 euros.

Deux organisations criminelles distinctes

Deux organisations criminelles distinctes auraient été actives, avec des dirigeants qui se connaissaient. Le dossier a été alimenté par l'arrestation, en 2019, de l'épouse d'un des prévenus par les autorités britanniques alors qu'elle transportait deux ressortissantes albanaises.

La substitute du procureur a décrit des organisations "bien rodées" et structurées, avec des personnes chargées de recruter les candidats, d'organiser les trajets, de fournir les documents et de rémunérer les différents intervenants. Elle a requis deux ans de prison et 3.000 euros d'amende contre le principal prévenu. Les autres réquisitions vont de six mois à 20 mois de prison et de 100 à 2.000 euros d'amende. Plusieurs prévenus déjà condamnés n'ont fait l'objet d'aucune nouvelle peine requise.

Dépassement du délai raisonnable

La magistrate a reconnu que le délai raisonnable avait été dépassé, le dossier ayant été mis à l'instruction en mai 2019 et communiqué deux ans plus tard. Elle estime toutefois que ce dépassement doit uniquement entraîner une réduction des peines, le procès restant équitable.

Presque tous les avocats ont sollicité l'acquittement, notamment en raison du dépassement du délai raisonnable, ou, à titre subsidiaire, une suspension du prononcé.

Le jugement est attendu le 26 novembre.