Carburant : Moscou admet des pénuries après les frappes de Kyiv
Publié le 15/08/2026 - 13:18 UTC+2•Mis à jour 13:23
Les autorités russes ont reconnu vendredi que plusieurs régions étaient confrontées à de nouvelles pénuries de carburant, alors que l’Ukraine intensifie ses attaques contre les raffineries de pétrole du pays.
Depuis plusieurs mois, l’Ukraine cible les infrastructures énergétiques russes à coups de drones et de missiles, cherchant à frapper une source de revenus essentielle au financement de l’effort de guerre russe.
La Russie a notamment mis à l’arrêt pour six mois une importante raffinerie à Orsk, à quelque 1 300 kilomètres de la ligne de front, après une attaque survenue cette semaine.
"La situation reste tendue dans plusieurs régions du pays en ce qui concerne l’approvisionnement en carburant des stations-service", a indiqué le gouvernement dans un message publié sur les réseaux sociaux.
Les compagnies pétrolières "prennent les mesures nécessaires pour augmenter les livraisons vers les régions les plus vulnérables", précise le communiqué.
Le gouvernement ajoute qu’une réunion consacrée à ces pénuries s’est tenue vendredi et que le vice-Premier ministre chargé de l’Énergie, Alexandre Novak, a ordonné une surveillance des prix du carburant.
Entreprises et automobilistes sont confrontés à des pénuries récurrentes depuis plusieurs mois, sur fond de guerre en Ukraine.
Presque toutes les régions russes ont, à un moment ou à un autre, dû limiter les ventes de carburant ou instaurer d’autres formes de rationnement, comme l’interdiction de remplir des jerricans.
La région de Krasnodar, sur les rives de la mer Noire et prisée des touristes pour ses plages, figure parmi les plus touchées.
"La situation concernant l’approvisionnement des stations-service en essence s’est dégradée", a déclaré le gouverneur régional, Veniamin Kondratiev.
Les compagnies pétrolières "ont de nouveau commencé à limiter les volumes de carburant livrés et à réduire les horaires d’ouverture des stations-service", a-t-il ajouté.
"Cette situation suscite des inquiétudes parmi les habitants de la région et les visiteurs", a encore indiqué le gouverneur, précisant avoir demandé aux autorités centrales d’augmenter les livraisons de carburant.
Le gouverneur de la région d’Orenbourg, où se trouve la raffinerie d’Orsk, avait déclaré jeudi que celle-ci avait été mise à l’arrêt et que les réparations prendraient plusieurs mois.
Un aveu rare
Le président russe Vladimir Poutine a reconnu pour la première fois, en juin, que son pays faisait face à un "certain déficit" de carburant.
Lors d’une réunion consacrée à l’approvisionnement en carburant, le dirigeant russe avait admis que le pays traversait "une période difficile", tout en assurant que Moscou "remplirait toutes ses obligations sociales".
Peu après, il a déclaré à la télévision d’État que l’industrie de défense russe allait rapidement augmenter sa production de systèmes de défense antiaérienne afin de mieux contrer les attaques ukrainiennes.
Tout en assurant que les difficultés rencontrées n’étaient pas critiques, Poutine a également annoncé que la Russie augmenterait ses importations de carburant et accélérerait les réparations dans les installations pétrolières afin de mettre fin à ce "déficit temporaire".
Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a, de son côté, qualifié les frappes visant les infrastructures énergétiques russes, y compris au cœur du pays, de "sanctions à longue portée".
Sources additionnelles • AP, AFP