Le chef de chœur québécois Jean-Sébastien Vallée nommé à Boston
L’Orchestre symphonique de Boston a annoncé, mardi, la nomination de Jean-Sébastien Vallée au poste de directeur des chœurs du Boston Symphony Orchestra et chef du Tanglewood Festival Chorus, avec entrée en fonction dès cette saison. Le chef originaire de Québec et résident de Montréal devient le troisième directeur de cette formation depuis sa fondation en 1970.
Le professeur titulaire, directeur des études chorales et coordonnateur du secteur de direction et d’ensembles à l’École de musique Schulich de l’Université McGill, par ailleurs directeur artistique et chef principal du Toronto Mendelssohn Choir et de son ensemble professionnel de chambre, les Toronto Mendelssohn Singers, ajoute un poste très prestigieux à son curriculum vitæ. Le Boston Symphony Orchestra est l’un des « Big 5 » parmi les orchestres américains et le poste de directeur des chœurs est très envié, même si l’institution traverse en ce moment une période de tumultes en raison de la fin du contrat, en 2027, du directeur musical Andris Nelsons.
Quatre ans
C’est la petite épée de Damoclès au-dessus de la tête de Jean-Sébastien Vallée. « J’ai un contrat initial de quatre ans renouvelables, qui débute avec cette saison. Je crois que l’idée du premier mandat de quatre ans est de donner l’opportunité de réévaluer les choses quand l’orchestre aura son nouveau directeur musical, qu’ils ont espoir d’avoir en place d’ici quatre ans », explique-t-il au Devoir. De ce point de vue là, la nomination du chef de chœur québécois tombe à une période incertaine. Certains nouveaux directeurs musicaux continuent avec l’équipe en place, d’autres (comme Mäkelä, à peine arrivé à Paris), balaient tout, par principe et indépendamment des qualités des uns et des autres.
« De mon côté aussi, c’était bien de commencer par un tel contrat de quatre ans, pour voir si l’aventure était bien pour moi aussi. Mais c’est vrai que l’Orchestre de Boston est réputé pour des chefs qui restent longtemps, autant au niveau orchestre que chœur », ajoute M. Vallée. Invité à préciser sa pensée, sa considération vise « la balance dans le travail, la carrière et la vie entre le Canada et les États-Unis ». « Pour l’instant, tout est positif : c’est un superbe endroit au niveau musical ; j’adore la ville et les gens. Mais je suis à Montréal depuis 2015 et ce qui m’a ramené à Montréal des États-Unis, où j’étais auparavant, c’était pour enseigner à l’Université McGill. Clairement, j’ai présentement un poste à McGill, un poste à Toronto, et ce nouveau poste-là. Des choix vont devoir se faire dans le courant de cette année pour pouvoir balancer tout ça. »
Sept concurrents
Jean-Sébastien Vallée était retenu parmi huit chefs de chœur. Il a été choisi par celui qui était encore installé à son poste de directeur musical, Andris Nelsons, après leur collaboration dans les Chichester Psalms de Bernstein. « Sa recommandation première était favorable à mon égard et c’est quand même lui qui a fait l’embauche. Ensuite, en sachant que son mandat était sur le point de se terminer, il a indiqué qu’il endosserait le choix du comité de recherche — fait de membres de l’orchestre et de membres du chœur. Mais je crois qu’il était pleinement en accord avec ce choix. »
Jean-Sébastien Vallée succède au Britannique James Burton, lui-même successeur du chef fondateur John Oliver. Nommé en 2017, Burton a quitté au printemps 2025. « J’ai été contacté par l’Orchestre de Boston au début de 2025, qui souhaitait savoir si j’étais intéressé à travailler avec le chœur et à couvrir certains projets dans la saison 2025-2026. Les huit chefs ont été invités sur différents projets ; c’était une très grosse saison pour le chœur avec l’orchestre. Je suis revenu pour la Neuvième de Beethoven au mois de mai 2026. À la suite de ça, j’ai été invité à travailler avec le chœur tout au long de l’été, autant avec les projets pour les Boston Pops qu’à Tanglewood. »
Ces projets estivaux montraient à Jean-Sébastien Vallée qu’il était l’élu parmi les huit. « J’étais le candidat choisi, mais ils voulaient utiliser l’été pour confirmer leur choix. Il y a eu des discussions tout au long de l’été, sans conclusion d’une offre. Mais à la fin de ma dernière semaine à Tanglewood, au mois d’août, on a pu voir une offre finale et s’entendre sur ce nouveau mandat. »
À Boston, Jean-Sébastien Vallée dispose d’un vivier de 230 à 250 « amateurs éclairés et professionnels non rémunérés, qui répètent par projet ». Aidé d’assistants qui connaissent bien les profils vocaux, il peut y puiser selon les programmes et voix requises. Son premier concert sera La création de Haydn sous la direction de Philippe Jordan et il s’attend à beaucoup d’émotion dans la 3e Symphonie de Mahler au printemps 2027, ultime concert d’Andris Nelsons.