Le commerce entre le Canada et les États-Unis en recul
La valeur des échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis a reculé de près de 2 milliards $ entre le premier trimestre de 2024 et les trois premiers mois de 2026.
Rachael Dolan, porte-parole d’Affaires mondiales Canada, indique que le commerce total de biens et de services avec les États-Unis a diminué de 0,6 %, soit 1,9 milliard $, au premier trimestre 2026 par rapport à la même période en 2024.
La valeur du volume total des échanges de biens et de services entre le Canada et les États-Unis au cours des trois premiers mois de 2026 s’est élevée à 322,8 milliards $, dont 169,6 milliards $ d’exportations et 153,1 milliards $ d’importations.

La valeur du volume total des échanges de biens et de services entre le Canada et les États-Unis au cours des trois premiers mois de 2026 s’est élevée à 322,8 milliards $.
Photo : Associated Press / Paul Sancya
Alors que les exportations canadiennes vers les États-Unis ont reculé de 1,6 %, soit 2,8 milliards $, les importations au cours de ce trimestre ont augmenté de 0,6 %, soit 935 millions $.
Mme Dolan a précisé que les pierres et métaux précieux ont enregistré la plus forte hausse en pourcentage du commerce bilatéral total sur ces deux années, soit une augmentation de 2,8 milliards $. On a également constaté une hausse de 52 % des échanges bilatéraux de cacao et de produits dérivés, ainsi qu'une augmentation de 15,5 % pour les aéronefs et leurs pièces détachées.
Du côté des exportations, les plus fortes progressions ont également concerné le cacao et les produits dérivés (+58,8 %), ainsi que l'électronique (+9,2 %) et les sels, le soufre, la terre, la pierre et le ciment (+57,9 %).
Le plus fort recul des échanges bilatéraux a été enregistré pour les véhicules automobiles et leurs pièces détachées, avec une baisse de 18,9 %, soit 6,7 milliards $.
Mme Dolan a indiqué que d'autres baisses notables du commerce bilatéral total de marchandises ont été observées pour le fer et l'acier (diminution de 43,5 %) et les combustibles minéraux et les huiles (recul de 3,3 %).
Les États-Unis intensifient la pression sur le Canada à l’approche des négociations officielles sur l’ACEUM, l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, et le président américain Donald Trump a également menacé d’imposer de nouveaux droits de douane sur les produits canadiens.
Les exportations de biens et services vers les États-Unis se sont élevées à 709,6 milliards $ en 2024 et à 683,3 milliards $ en 2025.
Les importations ont totalisé 618,3 milliards $ en 2024 et 604,1 milliards $ en 2025.
Le ton est assez dur avec les Américains, dit Carney

Le premier ministre Mark Carney.
Photo : La Presse canadienne / Sammy Kogan
Le ton est assez dur avec les États-Unis, croit le premier ministre Mark Carney, qui fait valoir que les négociations commerciales sont constructives sur plusieurs points. Il a fait cette déclaration mercredi au cours d'un point de presse à Toronto.
Le 19 août, date à laquelle le président américain, Donald Trump, entend frapper le Canada de nouveaux droits de douane, approche à grands pas.
On a du temps. On a de vraies négociations, des négociations constructives sur plusieurs enjeux.
Le premier ministre était questionné sur la nécessité ou non de changer de stratégie, voire de durcir le ton face à l'administration Trump.
M. Carney a laissé entendre que le moment n'était pas propice pour adopter un tel changement. Il a souligné que le ministre responsable des relations commerciales avec les États-Unis, Dominic LeBlanc, est à Washington en compagnie de la négociatrice en chef du Canada, Janice Charette, pour une série de rencontres visant à faire progresser les pourparlers.
J'ai des conversations avec les Américains moi-même, mais c'est une négociation et ce n'est pas le moment de changer.
Les nouveaux droits de douane que M. Trump menace d'imposer aux importations canadiennes s'élèvent à 50 % et visent toute une gamme de produits. Cette fois-ci, il n'y a pas d'exemption pour les marchandises conformes à l'entente de libre-échange connue comme étant l'ACEUM.
La Maison-Blanche a présenté sa nouvelle salve tarifaire comme une riposte aux interdictions provinciales sur l'alcool, au système canadien de gestion de l'offre laitière et à certains quotas automobiles.
Dans la foulée, M. Carney avait promis que les négociations commerciales avec les États-Unis allaient s'intensifier.
La guerre tarifaire déclenchée par le président américain dure depuis plus d'un an.
Au début juillet, Washington a annoncé qu'il refusait de renouveler l'ACEUM dans sa forme actuelle pour les 16 prochaines années, comme le souhaitaient le Canada et le Mexique. Cette décision américaine a déclenché un processus de révision annuelle qui n'a jamais eu lieu auparavant.
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La révision annuelle est une route pavée d'inconnues, avait évoqué M. LeBlanc le mois dernier, au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne.
Nous avons suggéré d'amener une structure ou une rigueur à cette révision que les Américains ont amenée, avait dit le ministre.
Le réexamen annuel est renouvelable, et ce, jusqu’à 10 ans, période à l’issue de laquelle l'ACEUM expirerait si aucune voie de passage n'était trouvée pour prolonger l'entente au-delà de son échéance de 2036.
Le Canada espère alléger, au terme de négociations bilatérales avec les États-Unis, les droits de douane sectoriels visant notamment l'acier et l'aluminium.