Le décès de son père a changé sa vie : aujourd’hui, l'ancienne danseuse de jazz vise le sommet mondial de la cuisine

Le décès de son père a changé sa vie : aujourd’hui, l'ancienne danseuse de jazz vise le sommet mondial de la cuisine

l'essentiel À 39 ans, Barbara Pinon représentera le Sud-Ouest les 12 et 13 septembre à Paris lors de la finale du Private Chef World Cup, l’équivalent du championnat du monde des chefs privés. Autodidacte, passée de la danse jazz aux cuisines de Corse, des Alpes et de San Francisco, cette Haut-Savoyarde installée à Tarbes entend désormais se hisser dans le top 5 mondial grâce à une cuisine fusion française et asiatique, profondément guidée par l’émotion.

C'est une disparition violente qui a fait changer Barbara Pinon de vie. Danseuse de jazz depuis son adolescence, à 25 ans, la jeune femme a accompli un virage à 360°.

"En 2012, quand mon papa, qui était chef d'un restaurant, est décédé d'une maladie foudroyante, j'ai décidé de rentrer en cuisine, d'abord pour lui rendre hommage et ensuite c'est devenu une passion et un métier", explique Barbara Pinon.

À 39 ans, elle participera les 12 et 13 septembre prochains à Paris, place de la Concorde, à la grande finale du "Private Chef World Cup", l'équivalent du championnat du monde des chefs privés. Quatre femmes et onze hommes pour un seul trophée : "J'espère terminer dans le Top 5". 

De la danse aux arabesques de l'assiette, de l'art du corps à l'art culinaire, il n'y a qu'un pas que Barbara, célèbre prénom d'artiste, a su franchir.

C'est sans doute grâce à cet événement déclencheur et à sa propre histoire que Barbara Pinon fonctionne à "l'émotion" dans sa cuisine, beaucoup plus que d'autres confrères. "Totalement autodidacte", sans diplôme, la jeune femme ouvre un restaurant "bistronomique" en Corse, "pour se former sur le tas". "Je passais beaucoup de temps dans ma cuisine pour faire des tests."

De Courchevel à San Francisco 

Après cette première expérience de restauratrice, elle décide de partir de l'île de Beauté pour faire les saisons dans les stations alpines renommées, à Courchevel et à Megève où elle débute sa carrière de cheffe à domicile pour des clients prestigieux à partir de 2022.

En 2024, elle tente l'aventure américaine comme cheffe exécutive de quatre restaurants à San Francisco, avant de s'établir dans le Sud-Ouest et notamment à Tarbes "point stratégique" à 1 h 30 de l'océan, une ville que la Haut-Savoyarde d'origine ne connaissait pas du tout auparavant. 

"Souvent, je m'inspire de l'histoire de vie du client"

Barbara Pinon décrypte pour nous le métier de chef privé, encore trop méconnu, pour le distinguer notamment de celui de traiteur qui travaille uniquement en laboratoire : "Je cuisine chez le client qui me voit à l'œuvre. Souvent, je m'inspire de son histoire de vie pour créer le menu avec lui. Je reproduis complètement le restaurant à la maison, car je suis accompagnée d'une serveuse personnelle.

Je travaille des produits de saison, frais, en circuit court. Ce qui est bien dans ce métier, c'est qu'on peut choisir ses horaires et ses fournisseurs, et bien entendu le contact direct avec le client. 

Attention, il y en a pour tous les goûts et pour tous les budgets. Je m'adapte au client. Récemment, j'ai fait un anniversaire de mariage pour un couple à 150 € tout compris ou encore des enterrements de vie de jeune fille ou de jeune garçon, mais je suis aussi sollicitée pour faire des réceptions dans des châteaux ou comme bientôt une retraite spirituelle".

Ce qui la différencie des autres ? "Sa cuisine fusion française/asiatique". Formée par des maîtres japonais en cuisine asiatique, Barbara Pinon revendique le tataki de thon façon Rossini, comme plat-signature.