Le "drame humain majeur" chez GSK va-t-il se propager ? C'est la crainte du pouvoir en place

Le "drame humain majeur" chez GSK va-t-il se propager ? C'est la crainte du pouvoir en place

La secousse est forte. L'annonce par GSK d'une restructuration pouvant menacer jusqu'à 1217 emplois en Belgique a provoqué de vives réactions, du côté syndical mais aussi politique.

En Wallonie comme au fédéral, les autorités promettent de défendre l'emploi et l'avenir des activités du groupe. GSK assure, de son côté, qu'aucune fermeture de site n'est envisagée.

En Wallonie, le ministre-Président Adrien Dolimont et le vice-Président du gouvernement Pierre-Yves Jeholet, tous deux du MR, parlent conjointement "d'un drame humain majeur qui touche plus d'un millier de familles" en Wallonie.

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"Nous devrons également mesurer les impacts sur l'ensemble de la filière biopharmaceutique wallonne."

Le gouvernement wallon annonce qu'il rencontrera "sans délai" les syndicats et la direction de GSK, en concertation avec le gouvernement fédéral. "Nous sommes pleinement mobilisés pour examiner toutes les possibilités, des différents niveaux de pouvoirs, afin de défendre l'emploi, les compétences et les activités stratégiques concernées", affirme-t-il.

WAVRE, BELGIUM - OCTOBER 14:  1217 jobs will disapear at GSK. The British pharmaceutical company GSK has convened a special works council meeting in Walloon Brabant.  GSK employs around 8,500 people in Walloon Brabant. The pharmaceutical company is currently implementing cost-cutting measures. on October 14, 2026 in Wavre, Belgium, 14/10/2026 ( Photo by Bert Van Den Broucke / Photonews
Près de 1200 employés sont concernés par le plan social, mais le chiffre pourrait diminuer après les négociations. Les ouvriers ne sont pas concernés. ©BVB

"Nous devrons également mesurer les impacts sur l'ensemble de la filière biopharmaceutique wallonne, qui constitue un secteur stratégique pour notre Région", poursuivent-ils. Effectivement, un grand nombre de petites entreprises et de personnes actives dans le secteur gravitent autour du géant pharma britannique, premier employeur privé de Wallonie. En tout, près de 50 000 personnes travaillent dans ce secteur en Belgique.

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Sauver la "Pharma valley" belge

Au niveau fédéral, le ministre de l'Emploi David Clarinval, également MR, se dit lui aussi vivement préoccupé. "Notre priorité doit être de préserver le maximum d'emplois et veiller à ce que chaque travailleur concerné soit soutenu", déclare-t-il.

Il demande à GSK de "préciser les raisons de la restructuration, le périmètre et ses conséquences pour l'avenir des activités en Belgique" et exige que "toutes les possibilités de réduire les pertes d'emplois" soient examinées, notamment "la mobilité interne, la formation et le redéploiement vers d'autres activités du groupe".

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"Il est urgent de prendre d'autres mesures au niveau de la santé ou de la fiscalité en Belgique si nous voulons sauver la Pharma Valley belge."

"Les représentants des travailleurs doivent disposer des informations nécessaires pour comprendre le projet", dit-il, ajoutant être "particulièrement attentif au respect des obligations légales de l'entreprise".

Il voit enfin dans cette annonce un avertissement pour l'ensemble du secteur pharmaceutique. "Si nous n'agissons pas maintenant, d'autres entreprises pourraient choisir de réduire leurs activités en Belgique". Il conclut, sévèrement, qu'il est "urgent de prendre d'autres mesures au niveau de la santé ou de la fiscalité en Belgique si nous voulons sauver la Pharma Valley belge."

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GSK assure qu'il s'agit de "rester compétitifs"

Face aux inquiétudes sur l'avenir des implantations du groupe, GSK se veut rassurant. "On ne parle pas du tout de fermeture, au contraire", affirme Elisabeth Van Damme, porte-parole de GSK en Belgique.

"L'idée de ces changements est justement de rester compétitif à l'avenir et de garantir la pérennité de nos sites en Belgique", poursuit-elle. Selon GSK, les implantations belges restent essentielles à son réseau mondial. La Belgique abrite notamment l'un de ses trois principaux centres de recherche et développement ainsi que, à Wavre, l'un de ses plus grands sites de production de vaccins.

La Belgique représente aujourd'hui plus de 50 % des volumes de vaccins produits par GSK dans le monde.

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La direction justifie sa réorganisation par la volonté de réallouer des ressources vers des médicaments et vaccins jugés plus prometteurs, notamment en oncologie, mais aussi par la simplification de ses structures, la digitalisation et l'automatisation.

Elle évoque également une baisse de la demande pour certains vaccins. "On voit une érosion, probablement dans les vaccins les plus anciens", explique la porte-parole.

GSK Communication Director Elisabeth Van Damme is pictured as a GSK Belgium extraordinary works council is taking place in GSK Vaccine site in Wavre, on Wednesday 14 October 2026. The British pharmaceutical company GSK is one of the major employers in Wallonia, with sites in Wavre and Rixensart in Walloon Brabant, and Gembloux in Namur. 8,500 people work across the three sites. Among other things, the company produces vaccines there. Unions fear for redundancy.
BELGA PHOTO JONAS ROOSENS
La porte-parole de GSK, Elisabeth Van Damme, ce mercredi 14 octobre 2026. Elle assure qu'aucun site ne doit fermer en Belgique. ©Belgaimage

Une réponse face aux géants ?

Dans l'opposition en Wallonie, le PS estime qu'il faut "une réponse globale face aux géants qui licencient massivement alors qu'ils font des milliards de bénéfices chaque année, tout en percevant des aides publiques", comme l'avance Paul Magnette, le président du PS. "L'urgence est là : nous devons à nouveau être à la pointe du secteur pharmaceutique à l'échelle mondiale et trouver une réponse globale", poursuit-il.

"Au vu des importants subsides octroyés au secteur, de nombreux leviers existent, notamment en termes de conditionnalité de ces aides", a pour sa part commenté Gilles Vanden Burre, coprésident d'Ecolo.

"L'industrie pharmaceutique joue un rôle économique important dans nos régions et représente un des premiers employeurs du pays. Il est donc fondamental qu'elle respecte aussi les règles du jeu (...). Engranger des milliards de bénéfices et considérer les travailleurs comme des variables d'ajustement est, à cet égard, inacceptable", a-t-il ajouté.

"D'un côté, des milliards sont distribués aux actionnaires grâce aux richesses produites par les travailleurs. De l'autre, des centaines de millions d'euros d'argent public viennent soutenir cette multinationale", avance pour sa part le PTB.

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