Fusillade d'Annemasse : appel à une réponse transfrontalière
Un jeune homme a été interpellé dimanche après-midi au centre-ville de Genève avec un fusil d'assaut. Il est suspecté d'avoir tiré des coups de feu plus tôt en France voisine. Un travail franco-suisse est déjà en cours, alors que les rivalités autour du trafic de drogue s’intensifient.
Des coups de feu ont été tirés dimanche après-midi avec un fusil semi-automatique dans le quartier du Perrier à Annemasse, à Ville-la-Grand et à Gaillard. Le suspect a ensuite fui à moto vers la Suisse, où il a été suivi par caméras de surveillance à Genève, avant qu’une course-poursuite ne s’engage sur les quais. L’homme a été interpellé au niveau du jardin anglais.
Le suspect a été arrêté par la police cantonale aux alentours de 16h20 en possession de son fusil d’assaut. Aucun coup de feu n’a été tiré à Genève. Personne n'a été blessé.
Selon les informations de la RTS, il s’agit d’un résident français de 20 ans, de nationalité étrangère. Il sera extradé pour être jugé.
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A Annemasse, la crainte des habitants et du maire
Sur la place du Jumelage d'Annemasse, lieu de la fusillade, rares sont les riverains qui acceptent de parler aux médias. L’atmosphère est empreinte de tension, deux dames âgées disent à la RTS "ne plus en pouvoir" et avoir peur. Selon une habitante, "des tirs sont rentrés dans les appartements".
En termes de violence, on franchit encore un cap, parce que ça se passe à 16h un après-midi
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Le maire d'Annemasse Gabriel Doublet déplore un quartier familial désormais régi par le ballet des dealers: "c’est dans la tête des habitants dès qu’ils se lèvent ou s’endorment (…) Ils ont peur pour leur vie, pour leurs enfants aussi". "En termes de violence, on franchit encore un cap, parce que ça se passe à 16h un après-midi. Il aurait pu y avoir des enfants, des familles... (…) C’est extrêmement préoccupant et angoissant pour nos habitants", dit-il dans le 19h30.
Genève pas épargnée
Si la sécurité est désormais renforcée, surtout la nuit, au niveau local, l’élu a demandé à l’Etat français une aide plus pérenne. Il voit aussi au-delà de la frontière, car sur le plan du narco trafic, la lutte se doit d’être transfrontalière.
"Je pense que tout le monde a parfaitement compris que ce problème-là n’était pas annemassien (...), mais transfrontalier, et cela devient dur parce qu’il y a cet appétit pour le pouvoir d’achat, le dynamisme économique de cette région, donc il faut qu’on travaille ensemble. Il n’y a pas d’autre solution”, expose Gabriel Doublet.
On doit être solidaire face à ce type de phénomène
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De son côté, le chef de la police judiciaire genevoise Richard Boldrini abonde dans le même sens: "je pense qu’on doit être solidaire face à ce type de phénomène, on a tous les moyens légaux pour le faire". Il précise: "Genève doit être en capacité d’anticiper cette menace, de la prévenir et d’avoir un dispositif qui y réponde".
"On est sur une agglomération d’un million d’habitants – le bassin de vie du Grand Genève. On n’est pas une ville de 40’000 habitants sur le plan de la délinquance. On a changé de niveau sur ce plan-là", décrit encore Gabriel Doublet.
Un travail franco-suisse est déjà en cours. Le canton de Genève n'est en effet pas épargné par les enjeux du narcotrafic. Plusieurs fusillades ont eu lieu à ses portes ces dernières semaines. Un jeune a même été tué par balle lors d'un règlement de compte.
Sujet tv: Julie Zaugg
Adaptation web: Julie Liardet