Michael Desronvil: le juré controversé du procès Lindsay Clancy
Publié23. septembre 2026, 07:58
États-UnisLe passé trouble du seul juré qui pensait Lindsay Clancy coupable
L'avocat de l'infirmière jugée pour le meurtre de ses trois enfants demande au tribunal d'enquêter sur le juré ayant provoqué l'annulation du procès.

Si le procès de Lindsay Clancy s'est terminé par une annulation, c'est parce qu'un seul des douze membres du jury refusait de la déclarer non coupable. C'est cet homme, nommé Michael Desronvil, qui est dans le collimateur de l'avocat de l'ex-infirmière. Kevin Reddington a en effet demandé à un juge d'enquêter sur le comportement de ce juré. Dans une requête rendue publique lundi, l'avocat demande au tribunal d'interroger le juré Michael Desronvil sur plusieurs sujets, rapporte AP.
Il aurait utilisé son téléphone pendant les débats
Le juré est soupçonné d'avoir utilisé son téléphone pendant les délibérations. L'avocat de Lindsay Clandy souhaite avoir accès aux relevés de ses appels ou SMS, entre 8h et 16h30, chaque jour des délibérations, pendant lesquelles l'usage du téléphone est interdit. Kevin Reddington demande également au tribunal d'interroger Michael Desronvil sur la sincérité de ses réponses au questionnaire rempli avant le procès et lors de l'interrogatoire des jurés par le juge.
Le 4 septembre, le juge a déclaré un «mistrial», le jury n'étant pas parvenu à un verdict unanime. Onze des douze jurés étaient prêts à déclarer Lindsay Clancy non pénalement responsable du meurtre de ses trois enfants, estimant qu'elle était sous l'emprise d'une psychose post-partum. Michael Desronvil n'a rien voulu savoir: il a soutenu l'accusation, qui affirmait que la mère de famille du Massachusetts savait ce qu'elle faisait. «Je n'avais aucun doute», a-t-il affirmé, via son avocat.
Violences sur son épouse
Michael Desronvil n'est accusé d'aucun manquement lié à son rôle de juré. Mais NBC10 Boston rapportait la semaine dernière qu'en septembre 2021, il avait été poursuivi pour avoir agressé son épouse. Selon un rapport de police, son neveu de 13 ans avait appelé les urgences après avoir affirmé que son oncle avait saisi sa femme à la gorge et l'avait projetée contre une commode. Le couple a fini par divorcer et l'accusation pénale a ensuite été abandonnée.
«Je ne vois pas comment ils auraient pu lui permettre d'être membre de ce jury»
L'an dernier, le même neveu a obtenu une ordonnance de protection après avoir affirmé que Michael Desronvil l'avait poussé au sol et frappé au visage. Selon l'adolescent, son oncle lui a alors dit: «Tu as ruiné ma putain de vie», puis: «Tu l'avais bien cherché depuis longtemps.» Cette ordonnance était toujours en vigueur, lors de sa sélection pour le procès de Lindsay Clancy.
L'analyste juridique Michael Coyne explique que le questionnaire standard des jurés demande si une personne a été arrêtée, inculpée ou visée par une décision de justice. «Je ne vois pas comment ils auraient pu lui permettre d'être membre de ce jury», s'étonne-t-il. Les questionnaires n'étant pas publics, il n'est pas possible de connaître les réponses apportées par le juré concerné.
Un autre avocat demande l'abandon des poursuites
Dans une autre requête déposée ce lundi, un autre avocat de Lindsay Clancy demande tout bonnement l'abandon des poursuites plutôt qu'un nouveau procès. L'argument de Martin Weinberg? Une annulation du procès n’aurait pas dû être prononcée initialement. Pour l'heure, Lindsay Clancy reste inculpée de meurtre et hospitalisée en psychiatrie. Les procureurs n'ont pas encore indiqué s'ils comptaient la rejuger.

Joëlle Mermoud (joc) est journaliste à 20 Minutes depuis 2009. Elle traite de l'actualité internationale au Newsdesk, avec un faible pour les histoires insolites.
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