Le policier accusé d'avoir harcelé Elisa, qui s'est suicidée avec son arme de service, n'est plus "démissionné d'office": le Conseil d'Etat a tranché
En octobre dernier, une terrible histoire a secoué la région de Charleroi: Elisa, jeune policière de 30 ans et maman d'un petit garçon, s'est donnée la mort avec son arme de service.
Dans une lettre, elle dénonçait des abus sexuels venant d'un membre de sa hiérarchie. Si le parquet de Charleroi a estimé de son côté que faute de preuve il fallait traiter le dossier sans poursuites pénales, l'auditorat du travail, saisi de plusieurs plaintes pour "harcèlement" a ouvert un dossier contre ce gradé, et la police locale de Charleroi l'a finalement "démissionné d'office" - la sanction la plus grave - après une enquête interne. Une décision que le policier a attaqué au Conseil d'Etat, avant d'intégrer le cabinet d'Adrien Dolimont, ministre-président wallon, comme chauffeur. Cabinet dont il a également été viré peu après, en raison du dossier ouvert auprès de l'auditorat du travail contre lui, une donnée que le cabinet disait ne pas connaître lors du recrutement, mais probablement aussi de l'indignation causée par l'affaire, qui a failli remonter jusqu'au Parlement wallon.
Le Conseil d'Etat, saisi pour la décision de la police de Charleroi de le démissionner d'office, vient de rendre sa décision: la sanction est suspendue. L'homme n'est donc plus "démissionné d'office". Dans son arrêt, le Conseil d'Etat estime en effet que la personne qui a signé la procédure disciplinaire n'était... pas la bonne! En effet, Thomas Dermine, bourgmestre et donc autorité pour la police locale de Charleroi, avait choisi de se dessaisir du dossier, la loi prévoit cette possibilité "s'il estime être trop proche du fonctionnement du corps ou de l'officier impliqué", pour que le bourgmestre conserve son impartialité. C'était donc sa 1ere échevine, Julie Patte, qui remplace régulièrement le bourgmestre lors d'absences, qui a signé la procédure disciplinaire. Mais ça n'était pas, selon le Conseil d'Etat, à elle de prendre le relai! En effet, en cas de "déssaisissement", et non d'absence, la responsabilité revient "à l'autorité la plus distante", c'est-à-dire... le Ministre de l'Intérieur!
Puisque la sanction n'a pas été prise par la bonne autorité, le Conseil d'Etat a décidé de suspendre l'exécution de la décision de "démission d'office".
La suite n'est, par contre, pas claire : est-ce qu'une nouvelle procédure interne sera relancée? Est-ce que la décision de démissionner ou non l'officier de police accusé devra être prise par le bourgmestre ou par le Ministre de l'Intérieur? En tous cas, le bourgmestre interrogé ce jeudi soir, n'a pas souhaité faire de commentaire.
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