Le Venezuela annonce son retrait de la Cour pénale internationale

Le Venezuela annonce son retrait de la Cour pénale internationale

Publié le 25/07/2026 - 12:41 UTC+2

Le Venezuela a annoncé vendredi 24 juillet son retrait de la Cour pénale internationale (CPI). Caracas a officialisé sa décision auprès des Nations unies en adressant une notification au secrétaire général António Guterres, dans laquelle le gouvernement dénonce le Statut de Rome et engage, selon ses propres termes, un retrait "ferme et irrévocable".

Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Félix Plasencia, a annoncé cette décision dans un message publié sur le réseau social X. Il y accuse la CPI de suivre un modèle qui aurait principalement ciblé des pays africains et latino-américains, estimant que cela ne relève pas du hasard mais d'une institution détournée au profit d'intérêts éloignés de la justice. Il dénonce ainsi ce qu'il qualifie de "lawfare" à l'encontre du peuple vénézuélien.

Quelques heures plus tard, la présidente par intérim, Delcy Rodríguez, a repris ce discours lors d'une cérémonie militaire diffusée par la télévision publique. Elle est allée plus loin en évoquant un dossier d'accusations qui se serait constitué contre les pays du "Sud global", parmi lesquels elle place le Venezuela. Elle a également défendu une vision des relations internationales fondée sur le respect du droit, plutôt que sur des tribunaux qu'elle accuse de manquer d'impartialité.

Ce que dit la CPI

La réponse de La Haye ne s'est pas fait attendre, même si elle est restée mesurée. La Cour pénale internationale a regretté la décision du Venezuela, tout en rappelant un point essentiel : le retrait n'est pas immédiat.

En vertu de l'article 127 du Statut de Rome, le retrait ne prend effet qu'un an après la réception de la notification officielle par les Nations unies. Or, la CPI indique ne pas avoir encore reçu cette notification par l'intermédiaire du Bureau des traités de l'ONU.

Concrètement, le Venezuela demeure donc État partie à la CPI pendant cette période et reste tenu de coopérer aux enquêtes et aux procédures déjà en cours. La Cour a également rappelé un principe régulièrement invoqué dans ce type de situation : l'adhésion à un traité international, comme la décision de s'en retirer, relève du droit souverain de chaque État.

Parmi les procédures concernées figure l'enquête ouverte sur de présumés crimes contre l'humanité. Le Bureau du procureur de la CPI l'a confiée à une équipe qui poursuit actuellement ses travaux.

Une rupture qui se dessinait depuis plusieurs mois

Cette rupture n'est pas une surprise. Elle se préparait depuis décembre, lorsque l'Assemblée nationale vénézuélienne, dominée par les chavistes, a adopté à l'unanimité une loi visant à mettre fin à l'adhésion du pays au Statut de Rome. Le président du Parlement, Jorge Rodríguez, avait alors présenté cette décision comme un moyen de dénoncer ce qu'il qualifiait d'inefficacité de la CPI et son alignement supposé sur des intérêts étrangers.

L'adoption de cette loi est intervenue quelques jours seulement après l'annonce, par le Bureau du procureur de la Cour, de la fermeture de son bureau à Caracas. L'institution avait alors estimé qu'aucun progrès significatif n'avait été réalisé dans l'application du principe de complémentarité, selon lequel les États doivent mener eux-mêmes des enquêtes crédibles sur les crimes relevant de la compétence de la Cour avant une éventuelle intervention de la CPI.

Le Venezuela a signé le Statut de Rome en 1998 avant de le ratifier en 2000. Depuis, ses relations avec la Cour ont connu plusieurs évolutions, de l'ouverture d'un bureau de la CPI à Caracas en 2022 jusqu'au rejet par la Cour des plaintes déposées par le Venezuela concernant les sanctions américaines. Avec l'annonce faite vendredi, cette coopération prendra officiellement fin dans un an, sauf évolution de la situation.