Législatives en Israël: Sami Abu Shehadeh, opposant arabe israélien, contraint à l'abandon

Législatives en Israël: Sami Abu Shehadeh, opposant arabe israélien, contraint à l'abandon

Sami Abu Shehadeh, dirigeant du Balad, parti d'opposition en Israël, fait partie de la communauté des Arabes israéliens, aussi appelés Palestiniens d'Israël. Ils représentent environ 20% de la population du pays.

Le dirigeant d'un parti arabe israélien, Sami Abou Chehadeh, a retiré ce jeudi 1er octobre sa candidature aux élections législatives qui se tiendront le 27 octobre en Israël, après que la Cour suprême eut fait pression pour qu'il abandonne. Les partis arabes israéliens sont décrits par les analystes politiques comme de potentiels faiseurs de rois lors du scrutin, les sondages ne prédisant de majorité ni à la coalition de Benjamin Netanyahu, ni au bloc principal de l'opposition.

Sami Abou Chehadeh "retire sa candidature", mais cela "ne marque pas la fin de son combat politique", a indiqué dans un communiqué le parti de l'opposant, Balad, précisant que celui-ci resterait à la tête de la formation.

Propos polémiques sur le 7-Octobre

La semaine dernière, à la demande du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, la commission électorale centrale israélienne avait voté l'exclusion de Sami Abou Chehadeh du scrutin.

L'opposant est ciblé pour avoir écrit un article dans lequel il décrit les attaques du 7 octobre 2023 commises par le Hamas comme un "événement historique important". S'il s'est défendu de tout soutien à ces attaques, ces écrits ont été vivement critiqués, y compris par des opposants.

Jeudi, la Cour suprême israélienne s'était réunie pour examiner un recours de Sami Abou Chehadeh pour contester cette disqualification. Dans une manoeuvre acrobatique, la Cour avait refusé de trancher, mais proposé à Sami Abou Chehadeh de retirer volontairement sa candidature, tout en lui signifiant que la majorité de ses membres étaient favorables à son exclusion. Elle avait donné à l'opposant jusqu'à vendredi matin pour décider.

Dans ces conditions, Sami Abou Chehadeh n'avait d'autre choix que de se retirer pour éviter une disqualification officielle qui aurait eu de "graves conséquences pour la vie politique et parlementaire" du pays, a estimé Balad.

Exclusion de deux listes arabes israéliennes

Disqualifier un candidat d'une élection est une mesure rare en Israël, où la Cour suprême invalide quasi-systématiquement les exclusions votées par la commission électorale. Selon la loi, un candidat ne peut être écarté que s'il "nie l'existence de l'État d'Israël en tant qu'État juif et démocratique" ou "soutient la lutte armée d'un État ennemi ou d'une organisation terroriste contre Israël".

L'organisation israélienne de défense des droits humains Adalah, qui défend Sami Abou Chehadeh, a accusé la Cour suprême d'avoir "de facto" disqualifié l'opposant en l'obligeant à se retirer, et dénoncé une "atteinte majeure au droit des citoyens palestiniens d'être représentés et d'être candidats à des élections". "Aucun élément présenté contre M. Abou Chehadeh ne contient l'ombre d'un appel à la violence", a-t-elle ajouté à l'AFP.

Outre Sami Abou Chehadeh, la commission électorale a aussi exclu la semaine dernière les deux listes arabes israéliennes candidates aux élections dans leur ensemble: la Liste arabe unie, principale formation, et la Liste unifiée, une coalition de trois partis dont Balad. La Cour suprême doit continuer vendredi à examiner les recours déposés par ces partis.

Les Arabes israéliens, aussi appelés Palestiniens d'Israël, représentent environ 20% de la population et s'identifient pour une grande majorité comme des Palestiniens. Descendants de la population arabe de Palestine s'étant retrouvée en territoire israélien après la création d'Israël en 1948, ils se disent fréquemment victimes de discrimination vis-à-vis de la majorité juive.

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