Gauche ou extrême droite… Tout sur les principaux candidats en Suède

Gauche ou extrême droite… Tout sur les principaux candidats en Suède

La Suède est appelée aux urnes ce dimanche. Et le suspense politique est grand, tant l’issue des élections législatives est incertaine. Les sondages se sont en effet resserrés dans les tout derniers jours de la campagne.

Le royaume va-t-il assister au retour de la gauche au pouvoir ou à l’entrée fracassante de l’extrême droite au gouvernement ? Le verdict tombera après 20 heures, lors de la fermeture des bureaux de vote. En attendant les résultats du vote des huit millions d’électeurs, 20 Minutes vous présente les trois principaux candidats.

Ulf Kristersson, Premier ministre allié à l’extrême droite

Avec son allure soignée, cet ancien gymnaste de 62 ans est devenu Premier ministre en 2022, après avoir conclu, à la tête de sa coalition de droite, un accord inédit avec les Démocrates de Suède (SD), un parti d’extrême droite.

Si cet accord avec l’extrême droite a permis aux Modérés d’accéder au pouvoir, il lui a également coûté dans les sondages, estime Jan Teorell, politologue à l’Université de Stockholm. Cette formation conservatrice a ainsi commencé à perdre le soutien des électeurs quelques mois seulement après son arrivée au pouvoir. Longtemps, Ulf Kristersson avait promis ne jamais négocier avec les SD mais sa défaite en 2018 a sonné le glas de ses résolutions.

En quatre ans, son mandat à la tête du gouvernement a été émaillé de scandales sans grandes conséquences : de ses liens douteux avec une fondation dirigée par son épouse pasteure luthérienne, à la nomination d’un ami d’enfance au poste de conseiller à la sécurité nationale.

Né en 1963 à Lund, Ulf Kristersson s’est frotté à la politique dès le lycée, avant de diriger quelques années plus tard la branche jeunesse des Modérés. Fan de Tintin et diplômé en économie, il est également considéré comme un redoutable débatteur.

Magdalena Andersson, une techno militante de l’Etat-providence

Première femme à gouverner – très brièvement – la Suède entre 2021 et 2022, la cheffe de l’opposition sociale-démocrate Magdalena Andersson, 59 ans, est une technocrate intransigeante formée à la finance. Elle espère évincer le Premier ministre, grâce à ses promesses sur le renforcement de l’Etat-providence. Elle dirige le parti des sociaux-démocrates depuis novembre 2021 après avoir succédé au chef du gouvernement Stefan Löfven, qui s’est retiré alors de la vie politique.

Pendant les dix mois où elle a été à la tête du pays, elle a traversé une période de turbulences politiques intérieures, la pandémie de Covid 19 et mené la Suède vers sa candidature historique à l’Otan, avant de perdre les législatives de 2022.

Son pragmatisme séduit de nombreux Suédois, selon Jan Teorell. Et si elle est surnommée « le bulldozer » en raison de son style direct, « elle a une manière de parler qui inspire confiance à beaucoup de gens ».

Née à Uppsala, prestigieuse ville universitaire au nord de Stockholm, cette fille unique d’un universitaire et d’une enseignante s’illustre d’abord dans les bassins, où elle se fait remarquer par sa détermination et finit championne de Suède junior de natation. Elle a aussi plongé dans le bain du militantisme dès l’âge de 16 ans, un engagement qu’elle n’a pas renié depuis.

Jimmie Åkesson, le nationaliste qui rêve du gouvernement

A la tête des Démocrates de Suède depuis plus de vingt ans, Jimmie Åkesson a fait passer ce parti d’extrême droite aux racines néonazies du statut de paria à celui de formation incontournable pour la droite. Tant et si bien qu’à 47 ans, il vise maintenant le poste de Premier ministre en 2030. Représentés au Parlement depuis 2010, les SD sont crédités d’environ 20 % des intentions de vote.

Pendant ce dernier mandat inédit au cours duquel le gouvernement minoritaire de droite a gouverné avec le soutien des SD, Jimmie Åkesson est parvenu à imposer ses priorités en matière de politique migratoire et de lutte contre la criminalité organisée. L’immigration a été drastiquement réduite et l’accent est désormais mis sur la « remigration ».

Issu de la classe moyenne – un père entrepreneur, une mère aide-soignante –, ce « Suédois normal », une image qu’il cultive, est né à Sölvesborg, un bourg de 9.000 habitants. Entré adolescent en politique, cet amateur de rock et de pizzas-frites a adhéré aux SD dans les années 1990 et œuvré depuis à en polir l’image.

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En juin 2025, les SD ont présenté un long rapport commandé en 2021 sur leur origine, détaillant leurs liens avec des organisations fascistes et nazies et les opinions xénophobes et antisémites de leurs membres, l’occasion pour Jimmie Åkesson de faire un mea culpa et de présenter ses excuses au nom de ce parti. Toutefois, les SD n’hésitent pas à afficher leur idéologie nationaliste : en mars 2026, leur chef de file a déclaré dans un entretien à la chaîne de télé SVT qu’un musulman pratiquant en Suède ne pouvait être en même temps suédois.