Léon XIV en France : écrans géants, sécurité, scénographie… Combien coûte la visite du Pape et qui paie quoi ?
Le Pape Léon XIV sera en France du 25 au 28 septembre 2026. Une visite dans laquelle l’État met d’importants moyens et qui selon la Conférence des évêques de France coûte 27 millions d’euros. Mais qui finance quoi ? Explications.
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Des déambulations et des messes géantes, trois villes étapes et un dispositif de sécurité exceptionnel : combien va coûter le voyage du pape en France, et qui va le financer ?
► Quelle répartition ?
Léon XIV se rend à Paris les 25 et 26 septembre 2026, à Lourdes le 27 et à Metz le 28, avec un programme dense de rencontres, discours et déplacements impliquant une logistique millimétrée.
Dans ce programme « tout ce qui est relatif aux dépenses du culte : la mise en place de l’autel, les cérémonies, la scénographie, les sièges, la logistique, la sécurité privée… doivent être supportés par l’Église », explique à l’AFP Clément Benelbaz, maître de conférences en droit public à l’université Savoie-Mont-Blanc.
« Les dépenses liées à la sécurité incombent à l’État », ajoute-t-il, en expliquant que cette obligation est indépendante de la nature de l’événement : « Il relève du rôle de l’État d’assurer la sécurité des personnes et la bonne tenue de l’événement, comme il le ferait pour n’importe quel autre. »
À ce titre l’État a déjà annoncé un dispositif de sécurité exceptionnel, avec un pic de mobilisation le vendredi comprenant 15 000 membres des forces de l’ordre ainsi que 2 500 sapeurs-pompiers.
► Quel est le budget pour l’Église ?
Le budget est chiffré à 27 millions d’euros par la Conférence des évêques de France (CEF). L’essentiel (environ 20 millions d’euros) couvre l’étape parisienne, où le pape passera deux jours. Il faudra 3,7 millions pour celle de Lourdes et 6 à 700 000 euros pour Metz, ainsi que 2,2 millions pour la partie propre à la CEF, selon Sylvain Guillebaud, secrétaire général adjoint de la CEF.
Car la logistique est énorme : pour la seule messe du samedi, plus d’une quarantaine d’écrans géants seront installés sur les Champs-Élysées (d’un coût unitaire de 50.000 euros), ainsi que des sanitaires, des accès à l’eau…
À titre de comparaison, la visite du pape en Espagne en juin avait coûté près de 17 millions d’euros pour trois jours, avait indiqué le général Hervé Wattecamps, coordinateur du voyage à Paris, à Ouest France dimanche.
Par ailleurs la Ville de Paris explique qu’elle ne facturera pas à la CEF la mise à disposition de l’espace public pour la messe, car « aucune redevance d’occupation du domaine public n’est facturée lorsqu’un espace est occupé dans le cadre d’une manifestation gratuite pour le public ».
► Comment l’Église va-t-elle financer ?
La CEF a lancé un appel aux dons, qui a déjà rapporté 9 millions d’euros, et se poursuivra au-delà de la visite. Sur place, chacun pourra scanner un QR code pour faire un don.
Ces sommes pourront être défiscalisées à hauteur de 66 % : « Une association cultuelle peut, comme toute association portant un intérêt général, recevoir des dons déductibles », ajoute M. Guillebaud.
Le mécénat est aussi appelé à mettre la main à la poche, et l’Église compte également sur la vente de produits dérivés, du magnet au sweat à capuche en passant par le stylo quatre couleurs.
Et si cela ne suffit pas, « des ressources propres » pourraient aussi être mobilisées, prises sur le budget finançant les actions pastorales, selon la CEF.
► Et le principe de laïcité dans tout ça ?
Pour M. Benelbaz, la sécurisation par les pouvoirs publics « n’est pas un financement du culte puisqu’il le ferait pour n’importe quelle autre manifestation ».
Plus largement, la messe en plein air ne contrevient pas selon lui au principe de laïcité car « la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Églises et de l’État n’interdit absolument pas des manifestations du culte dans l’espace public », qui doivent malgré tout faire l’objet d’une déclaration préalable.
Et la loi de 1905 ne s’applique pas en Alsace et en Moselle, du fait d’un concordat datant de 1801. La justice administrative a débouté des associations laïques qui contestaient une subvention de la ville de Metz pour installer des écrans géants lors de la venue du pape.
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