Les centres de données américains spécialisés dans l'IA devraient devenir le cinquième consommateur mondial de gaz naturel d'ici 2035, dépassant l'Allemagne et le Japon réunis

Les centres de données américains spécialisés dans l'IA devraient devenir le cinquième consommateur mondial de gaz naturel d'ici 2035, dépassant l'Allemagne et le Japon réunis

La consommation estimée de gaz naturel des centres de données aux USA devrait augmenter considérablement, ces installations s'appuyant de plus en plus sur des générateurs à turbine à gaz pour leur alimentation électrique. Les centres de données devraient consommer jusqu'à 15 milliards de pieds cubes par jour d'ici 2035, soit une hausse de 117 % par rapport aux prévisions précédentes. De nombreux projets de centres de données ont déjà pris du retard en raison du manque d'infrastructures électriques disponibles. Elon Musk a été l'un des premiers à utiliser des turbines à gaz pour alimenter un centre de données. Le déploiement de ces turbines n'est toutefois pas une bonne nouvelle pour les communautés vivant à proximité.

En avril 2026, les Big Tech considéraient que la destruction de la planète était un compromis acceptable pour engranger des profits illimités. De nouveaux projets de construction de centres de données voyaient le jour malgré leurs impacts sur l'environnement. Leur consommation énergétique menaçait de provoquer une hausse massive des émissions de gaz à effet de serre. Afin de contourner les délais de raccordement aux réseaux électriques traditionnels, les Big Tech comme Meta et xAI construisaient leurs propres centrales au gaz naturel. Mais ces infrastructures pouvaient générer une pollution atmosphérique dépassant celle de nations entières.

Plus récemment, en août 2026, la demande massive de l'industrie de l'IA en turbines à gaz avait provoqué une pénurie inattendue. Cette pression dépassait largement les capacités de production des géants industriels comme GE Vernova, dont les carnets de commandes étaient complets jusqu'en 2031 au moins. Cela avait entraîné une explosion des coûts de l'électricité et forcé les opérateurs à prolonger l'usage du charbon ou à se tourner vers des moteurs de secours. Malgré la pollution générée par les énergies fossiles, ce déficit était considéré comme le principal obstacle au développement de l'IA aux USA, au point que de nombreux projets numériques risquaient d'être abandonnés ou retardés.

La consommation estimée de gaz naturel des centres de données aux USA devrait augmenter considérablement, ces installations s'appuyant de plus en plus sur des générateurs à turbine à gaz pour leur alimentation électrique. Selon Bloomberg, les centres de données devraient consommer jusqu’à 15 milliards de pieds cubes par jour d’ici 2035, soit une hausse de 117 % par rapport aux prévisions précédentes, qui s’élevaient à 6,9 milliards de pieds cubes. Ce chiffre corrobore d’autres prévisions concernant les centres de données, qui indiquent que ceux-ci consommeront 20 % de l’électricité américaine d’ici 2035, soit environ 194 gigawatts.

De nombreux projets de centres de données ont déjà pris du retard en raison du manque d’infrastructures électriques disponibles, les centrales électriques devant mettre beaucoup plus de temps à entrer en service. C’est pour cette raison que de nombreux projets se sont tournés vers des générateurs sur site, à tel point que la demande liée à l’IA vient désormais aggraver la pénurie de moteurs à réaction qui touche déjà le secteur de l’aviation.

Elon Musk a été l’un des premiers à utiliser des turbines à gaz pour alimenter un centre de données lorsqu’il les a déployées au Memphis Supercluster en 2024, même s’il ne disposait pas des autorisations nécessaires pour certaines d’entre elles. Il semble désormais que l’homme le plus riche du monde ait pris conscience de cette tendance et ait investi un milliard de dollars pour racheter une société de location de turbines à gaz et diesel portables. Il a même annoncé que SpaceX allait se lancer dans la fabrication en interne d’aubes de turbine afin de contribuer à réduire le goulot d’étranglement qui affecte l’industrie des moteurs à réaction.

De nouvelles technologies, telles que les petits réacteurs modulaires, sont actuellement en cours de développement pour répondre à la demande insatiable en énergie des centres de données dédiés à l’IA, à l’image du réacteur nucléaire modulaire au thorium imprimé en 3D d’Ampera ou du microréacteur nucléaire Ward 250 de Valar Atomics. De nombreux géants de l’IA, notamment Amazon, Google, Microsoft, Nvidia et Oracle, ont même investi dans des projets de ce type afin de produire d’énormes quantités d’énergie propre pour l’IA.

Cependant, il faudra probablement encore quelques années avant qu’ils ne deviennent commercialement viables — un délai dont les géants de la technologie ne disposent pas. C’est pourquoi Musk a déclaré que « le gaz naturel restera nécessaire pour compléter et soutenir le développement de l’énergie solaire pendant plusieurs années ». Le déploiement de turbines à gaz naturel dans les centres de données n’est toutefois pas une bonne nouvelle pour les communautés vivant à proximité.

La NAACP a indiqué dans son recours contre SpaceXAI que l’utilisation de ces turbines à Colossus 2 avait entraîné une augmentation de 111 % des émissions d’oxydes d’azote, de 83 % des particules PM2,5 et de 88 % des émissions de formaldéhyde. Bien que l’entreprise se soit déjà engagée à retirer tous ses générateurs non autorisés, ce processus prendra au moins un an, car les turbines portables sont progressivement remplacées par une centrale électrique sur site d’une puissance de 1,2 gigawatt.

Par ailleurs, la forte demande en gaz naturel pourrait potentiellement mettre à rude épreuve l’offre, entraînant une hausse des prix qui se répercuterait sur le consommateur moyen. Les producteurs nationaux de gaz naturel devraient augmenter leur production de 35 milliards de pieds cubes par jour au cours de la prochaine décennie, mais cela resterait tout de même inférieur à la demande prévue d’environ 11 milliards de pieds cubes par jour. Ainsi, à moins que la production ne parvienne à rattraper la demande, les prix devraient monter en flèche et provoquer une ruée sur les stocks disponibles. Certains experts estiment toutefois qu’il existe encore suffisamment de gisements de gaz inexploités aux USA pour permettre au secteur d’augmenter l’offre de gaz naturel et de réduire les coûts.

On se posait encore il y a peu la question de savoir si la priorité doit aller à la préservation de l’environnement ou si notre focus doit porter sur l’innovation en matière d’IA ? La réponse semble être claire du côté du Texas dont les autorités ont validé un projet de construction d’une centrale électrique au gaz pour un datacenter d’Amazon qu’elles autorisent à polluer à hauteur de 33 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an. En cela, la centrale d’une puissance annoncée de 7,65 gigawatts est susceptible de devenir la plus grade source d’émissions de gaz à effet de serre aux USA.

Le secteur américain de l'IA manque d'énergie pour alimenter ses centres de données. Elon Musk prévoit de surmonter cette pénurie en fabriquant ses propres composants de turbines à gaz via SpaceX. Cette initiative vise à contourner un goulot d'étranglement industriel majeur en produisant des pièces complexes jusqu'alors réservées à un petit nombre de spécialistes mondiaux. Mais cette accélération technologique soulève de graves inquiétudes environnementales et sanitaires en raison des polluants rejetés par ces installations. Elon Musk se heurte à l'opposition farouche des communautés locales, tandis que son chatbot Grok fait l'objet de controverses.

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