"Les conséquences auraient pu être gravissimes" : le conflit de voisinage dégénère, elle insulte et frappe son voisin en situation de handicap avec une barre de fer

"Les conséquences auraient pu être gravissimes" : le conflit de voisinage dégénère, elle insulte et frappe son voisin en situation de handicap avec une barre de fer

l'essentiel Une femme de 40 ans était jugée, ce lundi 21 septembre, au tribunal correctionnel d'Agen pour violences aggravées avec arme sur une personne vulnérable et injure en raison du handicap. À l'origine de cette scène de violences : un conflit de voisinage qui durait depuis plus d'un an et demi. Fortement alcoolisée, la Lot-et-Garonnaise a insulté son voisin et un ami, tous deux en situation de handicap. Elle a ensuite frappé un des deux hommes avec une barre de fer. Elle a été condamnée.

Un conflit de voisinage. Voilà ce qui conduit cette quadragénaire devant le tribunal correctionnel d'Agen, ce lundi 21 septembre. Comment une mésentente avec un voisin peut se transformer en poursuite judiciaire pour violences avec arme sur une personne vulnérable et injure en raison du handicap ? Rembobinons.

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Depuis plus d'un an et demi, ce coin de Sainte-Bazeille (Lot-et-Garonne), près de Marmande, est le théâtre de diverses interventions des forces de l'ordre. Esclandres, légères violences physiques... Manifestement, ces deux voisins ne sont pas faits pour vivre l'un à côté de l'autre. Mais ce mercredi 16 septembre, les querelles triviales prennent une autre dimension.

En fin de journée, la femme de 40 ans est très alcoolisée. Elle croise son voisin et un ami dans le couloir. Il lui demande pourquoi ses affaires traînent dans le couloir. La native d'Antibes (Alpes-Maritimes) s'emballe. Elle traite les deux hommes en situation de handicap de "mongoles". La violence grimpe encore d'un cran lorsqu'elle frappe son voisin avec une barre de fer - il s'en sort avec un hématome à l'œil et une plaie à l'arcade. Deux amis de la victime, présents dans son logement, débarquent. Ils sont accueillis sous les insultes peu élogieuses de la femme alcoolisée.

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Ce lundi, à la barre, la Bazeillaise adopte une attitude très éloignée du personnage décrit lors des faits. Sereine, entière, la prévenue reconnaît volontiers ses actes. Bien qu'elle ne se rappelle pas de tout. "J'ai perdu le contrôle, assume-t-elle. J'ai eu trop d'émotions d'un coup. Ça fait deux ans que je suis isolée socialement. Je n'ai pas d'amis ni de famille, j'ai eu un bracelet électronique, une panne de voiture... Ma consommation d'alcool a augmenté. Je suis allée trop loin dans mes actes."

"Les conséquences auraient pu être gravissimes"

De son côté, le procureur de la République pointe du doigt son attitude "dangereuse". "Les conflits de voisinage peuvent se résoudre autrement que par la violence, fustige-t-il. Les conséquences auraient pu être gravissimes. Ses propos représentent le mépris et le peu de considération qu'elle a pour des gens qui sont déjà en souffrance." Il requiert un an et demi de prison dont huit mois assortis d'un sursis probatoire. Il sollicite un aménagement sous bracelet électronique pour la partie ferme.

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En défense, maître Martin Stoll déplore une peine "extrêmement sévère". Il insiste sur la personnalité de sa cliente. "Le contexte de voisinage est délétère, elle est isolée... Il y a, en plus, une problématique d'alcool", liste-t-il. Finalement, le tribunal sera très légèrement plus clément. La femme de 40 ans est condamnée à seize mois de prison dont la moitié avec un sursis probatoire. Elle hérite d'une obligation de soins et de travailler. Elle écope également d'une peine de 300 euros d'amende pour les injures en raison du handicap, et devra indemniser les victimes ultérieurement.