Les hommes préhistoriques se droguaient déjà d’après l’étude de leurs dents
20 Minutes avec agence
Publié le 11/09/2026 à 13h47 • Mis à jour le 11/09/2026 à 14h00
Les hommes préhistoriques avaient-ils déjà recours des substances psychoactives ? C’est ce qu’une nouvelle étude menée par des archéologues de l’université Griffith, en Australie, laisse penser. Les chercheurs ont en effet identifié les plus anciennes traces connues de consommation de noix de bétel, ou noix d’arec, sur l’île indonésienne de Sulawesi. Leurs travaux, publiés le 9 septembre dernier dans la revue Science Advances, repoussent de plusieurs milliers d’années les précédentes preuves de consommation habituelle de psychotropes.
Les chercheurs ont étudié deux squelettes de chasseurs-cueilleurs particulièrement bien conservés, découverts en 2017 et 2018. Le premier est daté de 25.000 à 16.000 ans, tandis que le second remonte à 7.600-6.300 ans. Selon Géo, cette découverte se base sur l’état inhabituel de leurs dents, qui présentent des sillons profonds et arrondis. Cette usure ne correspondrait pas aux habitudes alimentaires connues, et serait la marque de la succion régulière de noix de bétel entières.
Soulager des douleurs dentaires ?
Les analyses ont également permis de détecter de l’arécoline, le principal composé psychoactif de la noix d’arec, dans les tissus dentaires. Des expériences menées avec de la salive artificielle ont montré qu’une noix entière pouvait libérer suffisamment d’arécoline pour provoquer un effet euphorisant.
Aujourd’hui, les noix d’arec sont consommées par environ 600 millions de personnes et restent, après l’alcool, la caféine et la nicotine, l’une des substances psychoactives les plus utilisées au monde. Leur consommation est associée à différents risques sanitaires, comme certains cancers de la bouche et des maladies cardiovasculaires.
Le rôle précis de cette pratique chez les chasseurs-cueilleurs reste incertain. « Il s’agissait peut-être d’un remède pour soulager une rage de dents », explique Adam Brumm, premier auteur de l’étude, cité par le Courrier International. Mais l’usure provoquée par les noix aurait ensuite pu aggraver les douleurs, créant un possible cercle vicieux entre consommation et problèmes dentaires.