Les écoles publiques de la ville de New York interdisent à plus d'un demi-million d'élèves d'utiliser l'IA générative pour l'année scolaire 2026-2027
Les écoles publiques de New York, le plus grand district scolaire des États-Unis, ont décidé d’interdire l’intelligence artificielle (IA) générative à plus de 500 000 élèves, de la maternelle à la quatrième, à compter de l’année scolaire 2026-2027. Le maire Zohran Mamdani a rejeté l’argument de l’industrie technologique selon lequel l’éducation précoce basée sur l’IA serait inévitable et nécessaire, et s'est engagé à mener une étude sur les impacts de l'IA durant l'année à venir. Ce moratoire interdit les outils utilisant l'IA destinés aux élèves ainsi que les chatbots d’accompagnement dans tout le district. Les lycéens du district seront toutefois épargnés par cette mesure, mais devront suivre des cours d’initiation à l’IA pour apprendre à « faire preuve d’esprit critique » vis-à-vis de cette technologie.
Cette initiative intervient dans un contexte de défiance croissante des enseignants à l’égard de l’utilisation scolaire de l’intelligence artificielle générative. Selon une étude Epson publiée en février 2026, 58 % des enseignants affirment que le recours à l’IA par les élèves pour sous-traiter leurs devoirs nuit à leur apprentissage. En France, cette réticence est encore plus marquée concernant les fondamentaux : 74 % des enseignants considèrent que les ressources pédagogiques traditionnelles restent nécessaires pour acquérir les bases de la lecture, de l’écriture et du calcul, tandis que 54 % d'entre eux associent l’usage de l’IA à une baisse des résultats aux examens. Les enseignants ne rejettent toutefois pas la technologie : ils défendent plutôt une approche dans laquelle l’acquisition des compétences fondamentales précède l’utilisation de l’IA.
Dans ce contexte, le réseau scolaire public de New York a interdit à plus d'un demi-million d'élèves d'utiliser l'IA au cours de l'année scolaire 2026-2027, a confirmé le district scolaire. Le plus grand district scolaire du pays a annoncé qu'il entamerait la rentrée scolaire la semaine prochaine en instaurant une interdiction générale de l'IA pour les élèves de la maternelle à la quatrième.
Lors d'une déclaration, le maire de New York, Zohran Mamdani, a indiqué que la ville mettait en place un moratoire sur l'IA générative pour les élèves de la maternelle (ou « 2-K ») jusqu'à la quatrième, et qu'elle consacrerait l'année à venir à « étudier les impacts de cette technologie ».
« Le secteur des technologies veut nous faire croire que l'éducation précoce basée sur l'IA est non seulement inévitable, mais aussi nécessaire », a écrit Zohran Mamdani. « Nous ne voyons pas les choses ainsi. »
Cette nouvelle intervient alors que certains défenseurs de l'éducation réclament des garde-fous et des directives officielles concernant l'utilisation de l'IA.
Le district a déclaré qu'il mettait en place le moratoire sur l'IA le plus étendu du pays, en supprimant les logiciels utilisant l'IA en contact direct avec les élèves et en interdisant les chatbots compagnons.
Ce moratoire municipal sur l’IA ne s’applique cependant pas aux lycéens. Le district a indiqué qu’il proposerait deux fois par an des cours d’initiation à l’IA destinés à aider les lycéens à « faire preuve d’esprit critique » vis-à-vis de cette technologie avant qu’ils ne commencent à « s’en servir ».
Le système scolaire public de la ville avait également mis en place l’année dernière une politique interdisant l’utilisation des téléphones portables entre la sonnerie de début et celle de fin de cours, limitant ainsi l’usage de ces appareils par les élèves pendant la journée scolaire.
Avec cette nouvelle évolution concernant l’IA, les responsables municipaux et du district encouragent les élèves et les enseignants à tisser des liens, à nouer des relations et à stimuler leur créativité sans recourir à l’IA générative.
Le recteur des écoles de la ville de New York, Kamar Samuels, a également déclaré que cette mesure contribuerait à redonner aux élèves les capacités de réflexion critique dont ils ont besoin pour obtenir leur diplôme.
« Nous restons fermement attachés à notre décision de ne pas confondre innovation et surabondance technologique, et nous allons, au cours de l’année à venir, nous appuyer sur des données probantes pour veiller à ce que la technologie soit au service de l’apprentissage, et non l’inverse », a écrit Kamar Samuels dans un communiqué.
Dans le même temps, la Maison Blanche encourage les enseignants à utiliser l'IA de manière responsable en classe, les responsables de l'administration estimant qu'elle peut « révolutionner » l'éducation. Des enseignants ont notamment déclaré qu'ils utilisaient l'IA pour élaborer des plans de cours, organiser des données et donner aux élèves des retours sur leurs devoirs.
« J'utilise l'IA pour presque tout en classe actuellement », a déclaré Lori Garrett, enseignante au Texas, dans un message texte envoyé au cours de l'année scolaire dernière. Elle a expliqué avoir également demandé à ses élèves d’utiliser l’IA en classe pour « s’aider à apprendre ».
Parallèlement, alors que les entreprises technologiques lancent de nouvelles mises en garde urgentes sur les dangers de l’IA, le département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis a réuni des experts de l’enfance pour discuter des effets néfastes d’une utilisation excessive des écrans chez les adolescents.
La docteure Stephanie Haridopolos, directrice de la communication sanitaire à l'Office of the Surgeon General, a souligné que, à l'avenir, toutes les technologies devront être sans danger pour les enfants. Elle a préconisé la mise en place de garde-fous concernant l’utilisation des réseaux sociaux et de l’IA par les élèves.
« Certains aspects de la technologie sont éducatifs, tandis que d’autres peuvent en réalité être néfastes », a déclaré Stephanie Haridopolos. « Nous devons faire la distinction entre les deux. »
Alors que la ville de New York entend limiter l’usage de l’IA générative dans les écoles, des travaux antérieurs ont déjà mis en évidence les risques d'une dépendance précoce à ces outils. Selon une étude menée par l’université de Lund, en Suède, les étudiants qui utilisent l'IA sont moins productifs et ont peu de chances de réussir à l'avenir. Les résultats suggèrent que les étudiants les moins performants sont plus enclins à recourir à l’IA pour compenser leurs lacunes, tandis que son utilisation peut également encourager la tricherie et rendre les étudiants paresseux et incompétents.
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