«Les idées de M. Duhaime sont dangereuses», croit Ruba Ghazal
Les troupes conservatrices, avec 20 % des intentions de vote, s’apprêtent à entrer à l’Assemblée nationale par la grande porte. Leur chef, Éric Duhaime, a confiance de diriger un groupe parlementaire reconnu dans la prochaine législature grâce à un « momentum » évident, sur le terrain, pour son parti.
« Il y a deux critères qui font qu’on peut être reconnu officiellement comme groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, c’est soit 12 députés ou 20 % [des voix], a souligné le leader de droite samedi matin. Peu importe le nombre de députés qu’on va avoir lundi soir, si on réussit à avoir 20 %, automatiquement, on devient un groupe parlementaire reconnu. »
Éric Duhaime refuse de jouer à « Jojo Savard » à moins de 48 heures du vote, mais il estime que le dernier sondage Léger s’annonce « très encourageant » pour ses troupes.
« Il y a beaucoup de comtés que ça va se décider à pile ou face, puis ça va être la dernière boîte qui va décider qui l’emporte — d’où l’importance pour tout le monde, peu importe que vous soyez conservateur ou non, ça n’a aucune importance, d’aller voter lundi. »
Un appel à voter « comme ses petits-enfants »
Si l’entrée des troupes conservatrices à l’Assemblée nationale ne semble plus qu’une formalité, l’ampleur de leur victoire, aux yeux d’Éric Duhaime, dépendra de la sortie de vote.
Ce dernier a lancé un nouvel appel à se rendre aux urnes, samedi, pour fouetter sa base.
« Plus la participation va être élevée, plus les conservateurs vont remporter des circonscriptions lundi soir », a martelé le chef de droite. Il espère que le souffle qui gonfle les voiles de sa campagne portera aussi son électorat jusqu’aux urnes — surtout dans les circonscriptions éloignées du bastion conservateur de la grande région de Québec, où l’organisation, admet-il, reste à bâtir.
« C’est clair que dans plusieurs circonscriptions de la région de Québec, il n’y aura aucun problème à faire sortir le vote, a indiqué le chef conservateur. Mais ailleurs, en province, effectivement, ça va être un défi. »
Conscient que la jeunesse de son électorat représente aussi un enjeu, Éric Duhaime se dit confiant que les 18-35 ans se mobiliseront dans cette « élection qui représente le changement ». Le leader de droite a toutefois appelé les aînés à « demander à leurs enfants et à leurs petits-enfants pour qui ils vont voter et d’êtres solidaires avec eux. »
« Notre discours est beaucoup axé sur l’avenir, a avancé le leader de droite. Je fais un appel aujourd’hui aux aînés du Québec de voter comme leurs enfants, comme leurs petits-enfants. Oui, on a tous des intérêts, mais on a un devoir moral aussi à donner plus à nos enfants et à nos petits-enfants que ce qu’on a reçu de nos parents. »
« Les idées de M. Duhaime font peur »
L’ascension du camp conservateur angoisse bon nombre d’électeurs et électrices, a de son côté rapporté la co-porte-parole solidaire, Ruba Ghazal. « Les gens sont très inquiets de l’influence des idées d’Éric Duhaime sur tous les partis politiques, a-t-elle avancé lors d’un passage à Montréal. Les idées de M. Duhaime sont dangereuses. »
« J’invite les Québécois et Québécoises qui sont inquiets de l’influence des idées de droite et des coupes et de l’austérité d’Éric Duhaime à envoyer le maximum de députés de Québec solidaire, a ajouté la solidaire, pour contrecarrer cette influence sur le prochain parlement. »
Le meneur du camp libéral, Charles Milliard, explique la montée conservatrice par les talents de « bon communicateur » d’Éric Duhaime, mais avertit que derrière cette aisance oratoire se cache le manque de profondeur de la députation conservatrice. « À la fin, c’est un travail d’équipe, a-t-il indiqué lors d’une mêlée de presse à Lachute. Je pense qu’à ce chapitre, nous sommes meilleurs qu’eux. »
Plus tard en journée, lors d’une visite dans la capitale nationale, le chef libéral a accusé Éric Duhaime d’avoir recruté des personnalités « questionnables ».
« Il y en a peut-être qui seront élus puis on les jugera, mais il y a des candidatures qui sont quand même questionnables là-dedans, puis je ne vous nommerai pas les cas », a soutenu M. Milliard.