Les Israéliens aux urnes pour les premières législatives depuis le 7-Octobre

Les Israéliens aux urnes pour les premières législatives depuis le 7-Octobre

Rarement des élections législatives en Israël ont revêtu autant d'importance que celles de ce 27 octobre qui composeront la 26e Knesset (le Parlement monocaméral israélien). C'est la première fois que les électeurs israéliens peuvent s'exprimer sur la conduite des affaires nationales depuis les massacres perpétrés par le Hamas dans le pays le 7 octobre 2023 et la guerre de Gaza qui s'est ensuivie. L'un des enjeux qui pèsera dans les urnes ce mardi pourrait d'ailleurs être l'attitude de l'armée israélienne – qui continue de viser les foyers rémanents de la milice islamiste palestinienne- à l'égard de la population gazaouie. Et ce, alors que Tsahal mène aussi des opérations régulières en Cisjordanie occupée, comme actuellement à Hébron (sud) où plus de 3000 Palestiniens ont été déplacés depuis vendredi dernier.

Dans un nouveau rapport publié lundi, veille des scrutins, une commission d'enquête internationale mandatée par l'Onu a de nouveau accusé le gouvernement d'Israël de commettre un génocide dans la bande de Gaza. En trois ans, au moins 74 540 Palestiniens sont morts et 175 678 ont été blessés, dont une majorité de civils. Et selon l'Onu, plus de 67 % des Gazaouis (1,4 million) se trouvent dans une situation d'insécurité alimentaire aiguë. La commission a également accusé Israël de perpétrer des crimes contre l'humanité contre les Palestiniens en Cisjordanie, dont celui d'extermination, ainsi que des actes de tortures et des persécutions. Israël a immédiatement rejeté les conclusions de ce rapport, par la voix de son ambassadeur à Genève qui a dénoncé une "tentative de détruire l'État juif" et de "nier son droit fondamental à exister".

En Israël, une salutaire prise de conscience

Menaces démocratiques en Israël

Depuis un peu moins de quatre ans, les politiques sécuritaires et institutionnelles menées par le gouvernement d'ultradroite de Benjamin Netanyahou ont divisé la société. À l'instar de la réforme de la justice proposée dès les premières semaines de son mandat et qui avait levé des mois durant une contestation populaire en réaction aux menaces pesant sur les fondements de la démocratie israélienne.

La gestion de la crise des otages de Gaza par le gouvernement Netanyahou, accusé d'avoir prolongé et étendu la guerre dans l'enclave pour favoriser ses intérêts personnels, pourrait aussi laisser des traces. La démultiplication de ce conflit, en particulier contre le Hezbollah au Liban et contre le régime islamiste en Iran, a accru les attaques contre l'Etat juif. Ces derniers jours, le Premier ministre sortant n'a cessé de brandir la menace iranienne, laissant planer le spectre d'une future campagne de bombardements sur la République islamique après les élections.

En Israël, un système politique au paysage fragmenté et dominé par les coalitions

Benjamin Netanyahou, qui a pour principaux rivaux l'ex-chef d'État-major Gabi Eisenkot et le tandem centriste formé par Naftali Bennett et Yaïr Lapid, peut néanmoins compter sur l'appui de Donald Trump. Le président américain l'a répété lundi, afin que le Premier ministre israélien puisse "terminer le travail" dans la bande de Gaza. De manière à laisser libre cours à son projet de réaménagement du territoire palestinien. Un "marché" estimé par l'Onu (en valeur de reconstruction) à plus de 71 milliards de dollars (soit quelque 64 milliards d'euros).

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