Les jeunes du PS Luxembourg en congrès avec leurs aînés à Libramont: le rouge pour éviter que le noir se fasse sur l'avenir de la société?

Les jeunes du PS Luxembourg en congrès avec leurs aînés à Libramont: le rouge pour éviter que le noir se fasse sur l'avenir de la société?

Une petite centaine de membres du PS de la fédération de la province avaient rejoint le siège de la TGTB à Libramont lundi soir pour un congrès un peu particulier, puisqu'il était organisé et animé, pour la toute première fois, par les jeunes socialistes de la province (la MJS). Une minute de silence en hommage à Michel Nicolas, ancien échevin et conseiller communal de Léglise, membre du PS depuis toujours, décédé au début de ce mois à l'âge de 66 ans, a été observée par les congressistes qui avaient dû adopter le dress code imposé par les jeunes PS, à savoir de la couleur rouge.

Ainsi donc, il y a des jeunes socialistes en province de Luxembourg. En tout cas, il y avait les six membres du Bureau des MJS, trois garçons et autant de filles. Devant leurs aînés, les jeunes ont bien pris les choses en main, profitant de cette tribune pour présenter le plan de bataille élaboré en vue notamment de se faire une petite place pour le prochain scrutin dans trois ans. Du moins l'espèrent-ils.

Du mentorat pour garder les jeunes au PS

Maureen Robert-Steifer et Loukia Counerotte, co-présidentes de la fédération des jeunes socialistes (MJS) de la province de Luxembourg.
Maureen Robert-Steifer et Loukia Counerotte, co-présidentes de la fédération des jeunes socialistes (MJS) de la province de Luxembourg. ©eda

Loukia Counerotte et Maureen Robert-Steifer, les deux co-présidentes de la fédération MJS de la province, se sont chargées de tracer les grands axes de la politique de ces jeunes. En soi, rien de bien différent des discours du PS : "Notre société est en train de s'effondrer sous les coups de boutoir du gouvernement", ou "Le PS est le dernier bastion de défense du citoyen lambda", mais aussi, bien sûr, dans le collimateur : l'augmentation du minerval de 835 à 1 200 € : " Comment les jeunes vont-ils pouvoir financer leurs études, trouver un logement et, plus tard, trouver un job ?". Les jeunes socialistes ont évoqué les crises, qu'elles soient climatique, géopolitique et sociale, et "l'incertitude sur notre avenir, les guerres de plus en plus proches de chez nous et la montée de l'extrême droite un peu partout".

La secrétaire des MJS, Zaynab Lejeune, a, elle, évoqué le projet de création d'un mentorat : "Ce n'est pas simple pour un jeune d'arriver au PS, de s'y retrouver. Et du coup, ils s'en vont. Notre objectif est de créer un espace de transmission. Chaque jeune doit se sentir accueilli et doit comprendre le fonctionnement des diverses instances".

Une union des jeunes socialistes du Benelux

Tanguy Colson-Delporte, secrétaire international des MJS de la province, a parlé du projet de créer une MJS du Benelux : "Il faut créer un réseau utile qui puisse répondre aux questions que tous les jeunes se posent. Or, ces questions ne s'arrêtent pas aux frontières. Créer des liens et construire des projets ensemble entre jeunes socialistes belges, néerlandais et grand-ducaux", conclut-il.

Les jeunes ont parlé aussi de l'existence d'une commission jeunesse au sein du PS : "Les jeunes ne doivent pas se manifester seulement quand il y a des élections. Ils doivent faire remonter leurs préoccupations sur l'enseignement, la mobilité, la vie associative, le climat, l'aide à la jeunesse".

Une des deux co-présidentes est la petite-fille de Francis Steifer

Quand on demande à Maureen Robert-Steifer, la petite-fille de Francis Steifer, une des deux co-présidentes, combien les MJS Luxembourg comptent de membres, elle répond que c'est compliqué : "Nous n'avons pas de cotisation, ni de carte de membre, mais seulement un groupe Messenger. Nous n'avons pas de membres officiels, mais des jeunes qui vont et viennent. Notre but est d'en fédérer le plus possible". Pourquoi le mouvement n'attire-t-il pas les jeunes comme c'est le cas pour les jeunes libéraux ou Engagés, par exemple ? "Des jeunes de la province qui partent faire leurs études ailleurs, comme à Liège, par exemple, adhèrent aux MJS de l'endroit où ils étudient", répond la jeune fille.

Les MJS recrutent via Messenger et WhatsApp

Le bureau des MJS de la province, qui compte trois garçons et autant de filles, se réunit en visio-conférence un jeudi tous les 15 jours. "En visio parce que la province est vaste", justifie Maureen Steifer. "Notre but est de recruter en vue des prochaines élections pour que des jeunes s'intéressent à la politique. Il y a du travail ! On recrute via notre groupe Messenger, mais ce ne sera pas suffisant". Et pourquoi sur les réseaux ? "Parce que, ajoute la co-présidente, les jeunes s'informent malheureusement via les réseaux et en particulier via TikTok. Et c'est piégeux parce qu'il y a tout et n'importe quoi vu que sur ce réseau, il n'y a pas de modération ! On y entend des aberrations comme "Hitler était de gauche" ! Vous vous rendez compte ? Et puis après, on s'étonne de la montée de l'extrême droite partout !"

Quand on lui demande combien de jeunes les MJS Luxembourg souhaitent recruter pour pouvoir fonctionner, la co-présidente calcule et estime qu'il faudrait attirer une quinzaine de recrues pour pouvoir bien travailler. "Tout qui est intéressé peut m'appeler par WhatsApp au 0492/85 50 22", conclut-elle.


Les trois députés provincial, wallon et fédéral, Stéphan Demul, Mélissa Hanus et Philippe Courard, ont été appelés à la tribune à laquelle ils étaient questionnés par les jeunes sur leurs matières respectives.

Le PS de la province de Luxembourg en congrès avec ses jeunes.
Le PS de la province de Luxembourg en congrès avec ses jeunes. ©eda

Soixante inscrits à l'école secondaire de Bertrix et 8 élèves autistes à l'école inclusive d'Assenois (Léglise)

Stéphan Demul, interrogé sur la rentrée dans les écoles de la province, s'est réjoui de l'augmentation du nombre d'élèves dans les quatre implantations primaires de Forrières, Heyd, Briscol et Mont : "Et dans notre nouvelle école secondaire de Bertrix, on avait prévu 45 élèves, or, ils sont 60 inscrits !". Le député provincial a rappelé aussi que, grâce à la Fédération Wallonie-Bruxelles, une classe secondaire peut ouvrir à Mont. Le député se réjouit aussi du succès de l'ouverture d'une classe inclusive à Assenois (Léglise) où huit jeunes autistes fréquentent l'école locale : "Grâce à la Locomobile, ces enfants peuvent rejoindre l'école. C'était le plus gros souci des parents que de pouvoir les y amener", conclut-il.

Interrogé aussi sur la lutte contre la carence de médecins dans la province, M. Demul a expliqué que les efforts fournis depuis 10 ans par la Province et qui se poursuivent font que le dernier cadastre montre que le nombre de médecins est stable en Luxembourg. "Maintenant, nous allons travailler aussi à attirer des dentistes chez nous", ajoute-t-il. Enfin, M. Demul a parlé du service itinérant de mammographie qui va passer dans chacune des 43 communes de la province : "On va acquérir le camion et on monte l'équipe. On espère lancer ce service dans le courant de l'année 2027. On a bénéficié pour cela de subsides de la Région wallonne. Curieux que la Région aide les Provinces alors que le gouvernement plaide pour leur disparition", glisse-t-il malicieusement.

Mélissa Hanus : "Les prix des billets du TEC vont inéluctablement augmenter"

Interrogée à son tour mais sur les conséquences de l'augmentation du prix du minerval, la députée wallonne Mélissa Hanus a qualifié cette mesure, comme toutes les autres prises par la ministre Glatigny, "d'inacceptables, avec des retombées sociales désastreuses".

Sur le risque de voir augmenter le prix du billet et des abonnements du TEC, la députée a déclaré que c'était inéluctable car le ministre Desquesnes a décidé "de revoir le contrat-cadre des TEC et, par là, d'augmenter la part contributive des navetteurs. De facto, le ticket sera plus cher et le risque que les abonnements le soient aussi existe".

Philippe Courard : "Le gros souci de la réforme des pensions, c'est qu'elle frappe les jeunes. Combien toucheront-ils à leur retraite ? Pas grand-chose !"

Le député fédéral Philippe Courard, membre de la commission Défense, a rappelé combien la situation géopolitique était inquiétante, rappelant le soutien que l'on doit continuer à apporter à l'Ukraine, "notre seul rempart contre la menace russe".

Quant à la question sur l'avenir des pensions, le député a expliqué que la réforme du gouvernement va pénaliser gravement les jeunes qui, quand ils auront atteint l'âge de la retraite, n'auront plus grand-chose pour vivre "parce que le calcul a changé. Les libéraux voudraient que chacun mette de côté tous les mois pour se constituer soi-même une pension. Allez dire cela à une maman solo qui a déjà du mal à nouer les deux bouts", a-t-il conclu.

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