Les joueuses de rugby de Salon-de-Provence quittent toutes leur club, accusé d'avoir étouffé une affaire de vidéo prise sous les douches à leur insu
Les joueuses expliquent que le club les décourage de porter plainte et assurent qu'il ne s'agit pas d'un "acte isolé".
Publié le 10/09/2026 13:37
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Elles témoignent auprès d'ICI Provence jeudi 10 septembre. Les joueuses de rugby du Sporting Club Salonais de Salon-de-Provence, dans les Bouches-du-Rhône, accusent leur club d'avoir étouffé une affaire de vidéo prise sous les douches à leur insu par des joueurs masculins. Elles ont pris la décision collective de quitter la structure. Une enquête est en cours.
Selon les joueuses, la vidéo prise en décembre a circulé en interne dans le club. Ce n'est qu'en février qu'elles en ont été informées. "Des joueurs seniors sont venus nous avertir qu'ils avaient vu une vidéo de nous, nues, sous la douche", raconte à ICI Provence une joueuse anonyme. "Il y a des filles qui faisaient des cauchemars, qui se sentaient humiliées", ajoute-t-elle.
Les joueuses veulent déposer plainte, aidées par un témoin qui a visionné la vidéo. Mais elles affirment que des joueurs et des membres du bureau du club ont tenté de les décourager : "On reçoit des appels qui nous intiment de ne pas porter plainte. Le club veut étouffer l'affaire", poursuit la joueuse de rugby. L'équipe féminine décide finalement d'aller au commissariat. Mais leurs deux plaintes sont rejetées coup sur coup : "Comme on n'a pas la vidéo, on nous dit que ce n'est pas possible", poursuit la joueuse. Les sportives décident alors de saisir le procureur de la République. Le 30 mars, une enquête est ouverte.
Les joueuses estiment que leur club "protège les garçons" et attendent des sanctions : "Ce n'est pas un acte isolé. Plein de filles sont venues nous raconter qu'il leur est arrivé des choses. Il faut que justice soit faite, il faut les arrêter", plaide la jeune femme. Depuis le mois de septembre, les joueuses sont accompagnées par le collectif Salon féministe. "Le club n'a pas eu un mot pour les filles, rien ! Mais on ne va pas s'arrêter là", assure la militante Anne Manuceau.
Contacté par ICI Provence, le président du club Jean Pratali affirme que le Sporting Club Salonais est conscient de la gravité de la situation. Il assure qu'il saura prendre les décisions adaptées en fonction des résultats de l'enquête de police.