Les tirs à la synagogue ontarienne de Belleville étaient une attaque…
Le tireur qui a pris pour cible une synagogue de Belleville, en Ontario, a crié « vous allez mourir pour les Juifs » avant d’ouvrir le feu sur un policier posté à l’extérieur, selon le chef de la police, qui a qualifié l’attaque de dimanche de « massacre de fidèles juifs déjoué ».
Le chef Murray Rodd a indiqué que le tireur disposait de plusieurs armes à feu, d’importantes quantités de munitions et d’essence, ainsi que de la motivation nécessaire pour mener une attaque de grande envergure à la synagogue Sons of Jacob alors que les fidèles à l’intérieur célébraient le début du Yom Kippour.
« Il s’agissait d’une attaque délibérée visant les membres de la communauté juive lors de l’une des fêtes les plus sacrées de l’année », a mentionné M. Rodd lors d’une conférence de presse jeudi.
« Seuls les deux policiers ont empêché le tireur de pénétrer dans la synagogue pour mener son projet à bien, a ajouté M. Rodd. On ne saurait trop insister sur les pertes humaines et les dommages irréversibles qui auraient pu […] se répercuter sur notre communauté pendant des générations. »
Le tireur a tendu une embuscade à l’agent Jeff Smith, qui était posté à l’extérieur de la synagogue, et celui-ci a été touché avant même d’avoir eu le temps de sortir de son véhicule, a précisé M. Rodd.
La police a également diffusé une vidéo montrant ce que le tireur avait crié avant d’ouvrir le feu lors d’une attaque.
L’agent Smith a subi de multiples blessures par balle à la tête et au corps, mais il est « resté aux prises » avec l’agresseur, a fait savoir le chef de la police.
Environ trois minutes plus tard, un deuxième policier, l’agent Michael McCurdy, est arrivé et s’est joint à ce que M. Rodd a qualifié d’« attaque en cours ».
À eux deux, ils « ont empêché ce qui aurait pu devenir une tragédie inimaginable », a déclaré M. Rodd. Personne à l’intérieur de la synagogue n’a été blessé.
Le suspect, Sean Ward, âgé de 29 ans, a été blessé et est décédé à l’hôpital le lendemain. Les Forces armées canadiennes ont indiqué que M. Ward était un ancien soldat qui avait quitté l’armée en 2022.
M. Rodd a laissé entendre que davantage de détails sur le mobile du tireur pourraient bientôt être fournis, alors que les enquêteurs continuent d’examiner les appareils électroniques et les ordinateurs de M. Ward.
« Des éléments de preuve ont été découverts qui permettront de corroborer plus en détail son intention, mais il est encore trop tôt pour que nous puissions les communiquer », a avancé M. Rodd.
La police a pour l’essentiel éludé les questions concernant M. Ward et les circonstances de sa radicalisation.
S’appuyant sur des sources anonymes issues de l’armée et de la défense nationale, le Globe and Mail et Global News ont tous deux rapporté que M. Ward avait été renvoyé de l’armée après avoir refusé de se faire vacciner contre la COVID-19. L’une des sources a déclaré à Global News que M. Ward avait exprimé des théories du complot antisémites.
Des documents obtenus par La Presse canadienne suggèrent qu’il s’était joint à une action en justice contre l’obligation de vaccination imposée par les Forces armées canadiennes, réclamant 140 000 $ de pertes financières après son renvoi de l’armée.
Dans son plaidoyer en défense, le gouvernement a fait valoir que cette action devait être rejetée et que la vaccination contre la COVID-19 constituait une réponse sûre et appropriée à la pandémie.
L’attaque de dimanche a exacerbé les craintes de la communauté juive canadienne face à la recrudescence des cas signalés d’antisémitisme et à une série d’incidents violents.
Des associations juives ont appelé le gouvernement à prendre des mesures immédiates pour renforcer la sécurité armée dans les synagogues et les institutions juives.
Le solliciteur général de l’Ontario, Michael Kerzner, a dénoncé cette attaque comme une « attaque haineuse et antisémite » et a ajouté qu’il fallait s’estimer heureux qu’il n’y ait pas eu de victimes à la synagogue.
Le policier blessé, qui a été transporté à l’hôpital dans un état stable, mais critique, devrait subir plusieurs interventions chirurgicales pour soigner ses blessures par balle.
Le chef de la police a souligné que M. Smith et l’autre agent qui est intervenu étaient « tous deux des héros ».
— Avec des informations de Jordan Omstead