Londres : une contre-publicité trolle Meta dans un brillant hommage à They Live
Les plus anciens d’entre nous se souviendront peut-être d’un cinéaste légendaire : John Carpenter. Le maître du fantastique, qui nous a offert des œuvres comme The Thing, Halloween, Christine ou encore… They Live (Invasion Los Angeles en France). Ce dernier a largement dépassé le cadre du cinéma pour devenir une référence de la culture populaire. Les célèbres visuels « OBEY », popularisés par Shepard Fairey et devenus une marque de vêtements, reprennent directement l’esthétique et le message du film.

Pour les jeunes et les retardataires, un petit résumé rapide : sorti en 1988, They Live raconte l’histoire de John Nada, ouvrier qui découvre une mystérieuse paire de lunettes de soleil. En les portant, le monde autour de lui change radicalement : les panneaux publicitaires contiennent en fait des messages subliminaux (OBEY, CONSUME, MARRY AND REPRODUCE…), les billets de banque dévoilent des signes cachés, et certaines personnes, souvent riches ou influentes, dévoilent leur véritable visage, sous la forme d’extra-terrestres infiltrés qui manipulent l’humanité en contrôlant les médias, la publicité et les élites.
Les lunettes découvertes par John Nada, en plus de leurs capacités très « spécifiques », ont une forme qui rappelle les Ray-Ban Wayfarer, déjà très à la mode à la sortie du film.

Mais alors, quel rapport avec cette campagne de « contre-publicité » envers Meta ? Les créateurs de cette affiche ont eu un coup de génie : quand elle est regardée sous un certain angle, l’affiche apparaît comme une simple publicité pour les lunettes de Meta, avec Kylie Jenner qui prend la pause, binocles sur le nez. Décalez-vous de quelques pas de côté… et le message est tout autre : l’affiche part en noir et blanc, le visage de Kylie Jenner révèle sa véritable apparence, celle d’un extra-terrestre inspiré du film, et le slogan change en « Meta, We’re always watching » (Meta, nous vous observons en permanence).
Toute l’idée de They Live repose sur un principe simple : les lunettes ne montrent pas un autre monde, elles révèlent celui qui est volontairement caché. C’est précisément ce mécanisme que reprend cette campagne contre Meta.

Everyone Hates Elon, le groupe à l’origine de cette affiche, n’en est pas à son coup d’essai, loin de là : c’est déjà lui qui avait posé des affiches transformant les Tesla en « Swasticar » pour critiquer Elon Musk, mais aussi d’autres dénonçant le sponsoring du MET Gala 2026 par Jeff Bezos. L’une des affiches les plus commentées de ce dernier événement représentait le tapis rouge accompagné d’une bombe lacrymogène, avec pour seule explication « The Bezos Met Gala : Brought to you by the company that powers ICE » (Le Met Gala de Bezos : vous est proposé par l’entreprise qui alimente ICE).

Si la campagne reste, faute de moyens, cantonnée à Londres, elle a le mérite de frapper un coup symbolique, en assimilant les lunettes connectées de Meta à l’univers dystopique imaginé par John Carpenter, tout en évoquant également l’omniprésence de la surveillance popularisée par 1984 avec son slogan « We’re always watching ». Si Mark Zuckerberg pose un pied à son quartier général de Londres, il est à parier qu’il pourrait s’étrangler un bon coup en voyant l’abri-bus…