« Ma vie s’est arrêtée » : l’ex-candidate à la mairie du Havre révèle l’enlèvement de sa fille Zaynab

« Ma vie s’est arrêtée » : l’ex-candidate à la mairie du Havre révèle l’enlèvement de sa fille Zaynab

Emmenée en Égypte par son père en février 2026, Zaynab, 10 ans, n’est jamais rentrée. Sophie Zarifian, ancienne candidate aux municipales du Havre, se bat depuis des mois pour retrouver sa fille, dont elle est sans nouvelles depuis août. Elle se confie sur son combat.

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Sophie Zarifian se bat depuis des mois pour tenter de retrouver sa fille.
Sophie Zarifian se bat depuis des mois pour tenter de retrouver sa fille. - Marie-Ange Maraine/Paris Normandie
Par Marie-Ange Maraine Publié: 16 Octobre 2026 à 19h40

Temps de lecture: 2 min

Lorsqu’elle raconte les faits, presque cliniquement, Sophie Zarifian reste celle qu’on a vue dans ses vidéos sur les réseaux sociaux et pendant la campagne des dernières élections municipales du Havre. Sûre d’elle, battante. Mais dès qu’elle évoque sa fille Zaynab, 10 ans, la voix se brise. « C’est toute ma vie qui s’est arrêtée. Enlever un enfant à sa mère, c’est la tuer symboliquement », lâche la cinéaste, les yeux noyés de larmes.

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Ce que la candidate n’avait pas révélé jusqu’ici, c’est que sa fille a été emmenée en Égypte par son père en février 2026. Depuis, elle se bat pour la retrouver. « J’espère que la justice va pouvoir la localiser », confie la Havraise.

Enlèvement sur fond de séparation

Sophie Zarifian rencontre le père de Zaynab en 2011, en Égypte, alors qu’elle réalise un documentaire sur le Printemps arabe. Ils se marient en 2013. Leur fille naît en juillet 2016. « À ma connaissance, ma fille n’a pas de double nationalité, bien que son père soit égyptien. Zaynab est française », assure-t-elle.

En octobre 2025, elle annonce son intention de divorcer. Les conflits s’installent. Pourtant, lorsque le père demande à emmener leur fille en Égypte pendant les vacances de février pour le mariage de sa tante, elle accepte. « Il l’avait déjà emmenée et ramenée. Je n’avais aucune raison de m’inquiéter à ce moment-là. »

Plusieurs plaintes déposées

Le 28 février, jour prévu du retour, Zaynab n’est pas là. Sa mère se rend au commissariat et dépose plainte pour « disparition inquiétante de mineure ». « Le 1er mars, son père me contacte pour me dire qu’elle a la varicelle, qu’elle ne peut pas rentrer et il fournit un certificat médical », raconte-t-elle.

Le 8 mars, elle écrit au procureur de la République. Dix jours plus tard, elle dépose une deuxième plainte pour soustraction d’enfant par ascendant, autrement dit, un enlèvement parental.

« Soit on se met sous sa couette, soit on agit. »
Sophie Zarifian

Sophie Zarifian est alors en pleine campagne municipale. Pourquoi n’avoir rien dit plus tôt ? « Mon engagement politique, ça m’a aussi un peu permis de m’extraire de tout ça. Quand il vous arrive quelque chose d’aussi terrible que l’enlèvement d’un enfant, soit on se met sous sa couette, on pleure et on déprime. Soit on se dit qu’on va faire tout ce qui est en notre pouvoir. Et puis, à ce moment-là, j’espérais encore le retour de Zaynab rapidement. Je ne voulais pas étaler sa vie sur la place publique. »

Mais la petite fille ne revient pas. Les appels sont sporadiques, parfois franchement hostiles, selon sa mère. Depuis août, Sophie Zarifian n’a plus de nouvelles.

Les politiques interpellés

Le divorce a été prononcé cette semaine. Mais la justice n’avait pas attendu pour retirer au père l’autorité parentale, désormais exercée exclusivement par la mère. La garde de Zaynab lui est également confiée. La fillette figure, en outre, au fichier des personnes recherchées.

« J’ai sollicité le maire du Havre, Édouard Philippe, le député Jean-Paul Lecoq, j’ai frappé à toutes les portes possibles », explique-t-elle. Édouard Philippe indique avoir transmis le dossier « aux autorités compétentes ». Selon Sophie Zarifian, il a en efffet été remis au ministère des Affaires étrangères. « J’ai moi-même écrit au ministre Gérald Darmanin, à Brigitte Macron et au Premier ministre Sébastien Lecornu. »

Cette semaine, justement, la mère de famille a reçu une réponse de l’Élysée : « Sensible à votre démarche, l’épouse du Chef de l’État m’a confié le soin de vous en remercier et de vous assurer de toute l’attention portée aux préoccupations que vous exprimez », a ainsi écrit Tristan Bromet, conseiller spécial à la présidence de la République.

Il indique aussi avoir transmis les informations au Garde des Sceaux, ministre de la justice, ainsi qu’au ministre de l’Europe et des affaires étrangères. « Leurs services vous tiendront directement informée », précise-t-il avant d’assurer que sa demande d’audience a été prise en compte.

« Finalement, vous êtes seule »
Sophie Zarifian

« Quand vous n’avez jamais eu affaire à la justice, vous vous dites qu’on va vous entendre, vous écouter, agir vite. Finalement, vous êtes seule », souffle la Havraise. « Toute ma vie de maman était organisée autour de mon enfant. Ne pas savoir si je pourrais la revoir dans deux mois ou dans dix mois ou plus… C’est… On n’a plus que ça en tête. »

Alerter l’opinion publique

Elle peut compter sur son entourage. Officialisé en association le 8 septembre, le comité de soutien pour le retour de Zaynab l’aide dans ses démarches. « Aujourd’hui, Sophie veut médiatiser son histoire pour faire bouger les choses. Le comité a pour but de sensibiliser l’opinion publique sur cet enlèvement mais aussi sur tous les autres, récolter des fonds pour payer les traductions administratives en arabe et l’avocat international », explique Olivier Chevrier, son président.

Car l’Égypte n’est pas liée à la France par la Convention de La Haye de 1980 sur les enlèvements internationaux d’enfants. Les deux pays sont toutefois liés par une convention d’entraide judiciaire signée en 1982. Aujourd’hui, la justice cherche à déterminer où se trouve Zaynab. En Égypte, comme le pense sa mère, ou à Dubaï, comme l’aurait suggéré son père.

En attendant, Sophie, elle, rêve du jour où elle pourra de nouveau serrer sa fille dans ses bras.

Nous avons cherché, en vain, à contacter le père de l’enfant.

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