Mâcon. Pour vous, j’ai monté les 280 marches de la Verticale rose en 2 minutes 58
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Pour vous, j’ai monté les 280 marches de la Verticale rose en 2 minutes 58
La 6e édition de la Verticale rose a rassemblé 971 participants ce jeudi soir pour rapporter des fonds à la lutte contre le cancer du sein et sensibiliser au dépistage. Le JSL a aussi grimpé les 52 mètres de la tour des archives départementales au petit trot.
Sophie Maréchal -
Hier à 22:04 | mis à jour hier à 23:21
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Pour voir son sommet, il faut lever la tête. Place des Carmélites, la tour des archives départementales domine Mâcon avec ses 52 mètres de haut. Je déglutis. Pour le JSL , et surtout « pour la bonne cause », comme dit Marion, ma voisine d’échauffement venue avec son fils de 14 ans, je vais faire chauffer mes quadriceps. Ce jeudi soir, j’ai follement accepté de prendre part à la 6e édition de la Verticale rose, et de gravir les 280 marches de l’édifice le plus vite possible avec les 971 autres participants. Organisé dans le cadre d’Octobre rose, le mois de sensibilisation et de dépistage du cancer du sein, l’événement a pour but de récolter de l’argent pour la Ligue contre le cancer.
Heureux d’avoir relevé le défi et contribué ainsi, avec 2 euros par participant reversés à la lutte contre le cancer. Photo Thomas Borjon
« Et là, une fente, une fente ! » Face à nous, sur une scène montée au pied de la tour, une dizaine d’élèves du centre de formation Formapi de Mâcon mènent l’échauffement. Je m’exécute avec zèle, tout en essayant de prendre une photo, un peu floue, rapport à mon jeu de jambes à faire pâlir le recordman de l’année précédente, qui a gravi la tour en 1,09 min. On s’arrête. On y pense. On y croit.
« Le secret, c’est la gestion de l’effort »
Poussée par un vent glacé, je me dirige au petit trot vers le tapis rose de départ. Il est 18 h 04, je fais partie du premier groupe. Devant, un participant s’élance toutes les quinze secondes. Stratégiquement, je me cale derrière Jean-Claude. A priori, je devrais avoir plus de jambes que ce Mâconnais de 84 ans. Malgré la sono qui hurle « je t’emmène au-dessus des gens », mon voisin m’entend penser. Il dit : « Je faisais des marathons plus jeune. Aujourd’hui, sans m’entraîner, je peux encore courir 8 km. Le secret, c’est la gestion de l’effort. » Oups. Je ne suis plus si sûre de mon postulat.
Fumée rose. Ça y est, c’est à moi. D’une foulée déterminée, je m’engouffre dans les escaliers aux tons jaunes un peu vieillissant. J’avale un, deux, trois étages… J’ai arrêté de compter. « Allez, bravo, vous êtes à la moitié ! » m’encourage une des 20 bénévoles de l’Entente athlétique mâconnaise. Je marque le pas, je me dis que je vais peut-être continuer en marche rapide finalement.
« Une manière de se sentir très entourée »
Au détour du 14e étage, je croise Jean-Claude, qui peine un peu. Je le dépasse, il ne m’en veut pas. Alors que je sens mes cuisses qui commencent à brûler sérieusement, je jette un coup d’œil au soleil couchant sur les rives de Saône. Un nouveau tapis rose, une lumière rose, la vie en rose. J’ai franchi la ligne d’arrivée au 22e étage, avec un modeste temps de 2 minutes 58.
Au pied de la tour, après 280 nouvelles marches avalées dans l’autre sens, la deuxième vague de coureurs lance les bras en l’air pour se donner du courage. Sur le côté du groupe, Justine se marre avec ses amies. Une écharpe ceint sa poitrine : « En rémission ». « J’ai traversé la maladie, mon père aussi, explique-t-elle. Pour moi, ce genre d’événement, c’est très important. » Elle sourit : « C’est une manière de se sentir très entourée. »
« On oublie que ce mois est fait pour inciter au dépistage du cancer du sein »
Le docteur Jean-Marc Sauzedde est président de la Ligue contre le cancer de Saône-et-Loire et ancien chirurgien gynécologue à Mâcon. Pour le JSL , il rappelle l’importance de dépister le cancer le plus mortel pour les femmes et revient sur le rôle de l’association qui compte 3 000 adhérents dans le département, pour une centaine de bénévoles.
Quelles sont les principales missions de la Ligue contre le cancer ?
« Notre mission principale est le financement de la recherche contre le cancer. En 2025, nous avons versé plus de 550 000 euros à des projets portés par des chercheurs en Bourgogne, en Auvergne-Rhône-Alpes et dans le Grand Est. Mais nous allouons aussi une somme importante – 226 000 euros en 2025 – à l’action pour les malades et aux soins de support. Ce sont par exemple des cours de gym adaptée, des consultations avec un psychologue, un sophrologue ou en diététique pour les malades. Tout ça gratuitement. À Mâcon, on développe aussi un groupe de parole pour les malades et les aidants, car il n’est pas si facile de parler de sa maladie, et les personnes peuvent avoir un sentiment d’abandon. Par ailleurs, le cancer peut entraîner des difficultés financières pour certains malades. La Ligue travaille avec des assistantes sociales pour aider ponctuellement les malades les plus précaires : en payant un loyer en retard ou des réparations de voiture par exemple. Nous avons eu plus de 160 dossiers de ce genre en 2026, un nombre en hausse par rapport à l’année précédente. »
Que permet Octobre rose ?
« Notre autre rôle est d’inciter les personnes à se faire dépister. Octobre rose, pour la population, c’est le moment où il y a toutes ces activités physiques, et on oublie que ce mois est fait pour inciter au dépistage. En Saône-et-Loire, seules 54 % des femmes en âge de se faire dépister (de 50 à 74 ans) le font effectivement – la moyenne nationale est de 47 %. C’est un petit peu dommage. Dépisté tôt, on peut guérir le cancer du sein dans 90 % des cas aujourd’hui. »
Propos recueillis par Sophie Maréchal
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